Elsa Fernandez, Product specialist & Philippe Lomné, Gestionnaire Obligataire Spécialisation : Crédit IG & Crossover Rothschild & Co Asset Management.
Dans un environnement économique où les équilibres se redessinent et où l’incertitude demeure une constante, R-co Valor Balanced s’appuie sur un processus de gestion rigoureux mis en œuvre par une équipe expérimentée, ayant fait ses preuves à travers différents environnements de marché, afin d’offrir une solution adaptée aux investisseurs.
Des marchés actions inébranlables, pour combien de temps ?
L’année 2025 a illustré la capacité des marchés à progresser malgré une accumulation de chocs, marquant une troisième année consécutive de hausse des grands indices mondiaux1. Si cette dynamique témoigne de la résilience du cycle économique, elle impose également une exigence accrue de sélectivité et une attention rigoureuse à la construction de portefeuille, au moment où la prime de risque actions atteint des niveaux historiquement faibles et laisse peu de marge d’erreur.
Le contexte américain demeure central. Les États‑Unis abordent 2026 avec une croissance qui reste positive mais moins vigoureuse, en partie soutenue par un dispositif budgétaire particulièrement actif en année électorale avec une administration Trump qui pourrait utiliser les leviers fiscaux et monétaires, malgré le risque inflationniste.
Le ralentissement progressif des créations d’emplois montre que l’économie atterrit, mais sans rupture brutale, ce que le stimulus fiscal continue d’amortir. Cette dynamique pourrait pousser la Réserve fédérale à adopter un ton plus conciliant, comme en témoigne la sensibilité croissante du débat public à l’indépendance de la Fed. La sélection de Kevin Warsh par Donald Trump, comme candidat pour être le prochain président de l’institution confirme une volonté de contrôle du Président américain. Cette nomination, attendue par les marchés, devra encore être confirmée par le Sénat américain dans les prochaines semaines. Du côté de l’inflation, cette dernière reflue mais demeure supérieure à son régime historique, entretenue notamment par l’effet persistant des droits de douane, qui resteront un facteur inflationniste en 2026. Malgré ces éléments de soutien, nous restons relativement prudents sur les actifs américains. En effet, l’absence de prime de risque actions laisse peu de marge d’erreur alors que les attentes sont élevées. Enfin, le dollar, après une année 2025 d’une grande volatilité, devrait rester sous pression structurelle en raison notamment du double déficit américain — budgétaire et commercial — qui menace structurellement la devise mais ouvre des opportunités pour les actifs internationaux.
En Europe, la situation politico-économique reste délicate, mais il existe des raisons d’espérer. Tout d’abord, avec le plan de relance allemand qui pourrait contribuer à une reprise plus homogène et plus visible au sein de la Zone euro, même si ses effets restent encore incertains. De plus, si l’écart de performance avec les Etats-Unis a marqué la période récente, l’amélioration progressive des fondamentaux et un potentiel apaisement des tensions géopolitiques seraient un catalyseur positif pour les valeurs européennes. Cela pourrait laisser entrevoir un rapprochement des dynamiques de croissance de part et d’autre de l’Atlantique, dès 2026.
La Chine, quant à elle, confirme une phase de rebond sur les marchés actions, alimentée par le retour des flux domestiques . Plus largement la faiblesse du dollar, redonne également un souffle nouveau aux pays émergents qui, après plusieurs années de sous-performance, représentent aujourd’hui une opportunité de diversification pertinente.
Du rendement sous conditions sur les marchés obligataires
Après plusieurs années marquées par une forte volatilité des taux, l’environnement gagne en lisibilité, sans pour autant être exempt d’incertitude. En Zone euro, le recul progressif de l’inflation et la modération des pressions salariales continuent d’offrir un cadre maîtrisé et lisible à la politique monétaire. À ce stade,le marché n’anticipe aucun mouvement de la Banque centrale européenne en 2026.
Toutefois, si l’inflation s’est stabilisée, certains facteurs externes pourraient influencer la trajectoire monétaire. En effet, une appréciation trop rapide de l’euro face au dollar pourrait, par exemple, inciter la BCE à intervenir. Par ailleurs, les effets de la relance allemande restent encore très incertains et difficiles à évaluer.
En tout état de cause, le marché obligataire devra absorber en 2026 une offre significative sur les maturités les plus longues qui sont déjà sous pression. L’ampleur des besoins de financement des États conjuguée à certaines évolutions structurelles comme la réforme des fonds de pension néerlandais, pourrait accentuer cette pression sur les taux longs et favoriser une poursuite de la pentification des courbes de taux. Dans ce contexte, le risque obligataire ne réside plus tant dans un choc brutal de taux que dans une combinaison plus subtile entre valorisation des dettes souveraines, trajectoire budgétaire des États et arbitrages des banques centrales.
Sur le marché du crédit, la situation apparaît plus contrastée. Les rendements demeurent attractifs, tant sur l’Investment Grade2 que sur certains segments plus rémunérateurs comme le High Yield3 , mais le potentiel de compression des spreads semble désormais limité après le fort resserrement observé en 2025. La performance attendue repose donc davantage sur le portage que sur une amélioration supplémentaire des primes de risque. Cette réalité impose une sélectivité accrue, en particulier sur le High Yield, à l’approche des échéances de refinancement du millésime 2021‑2022. À l’inverse, certains segments du crédit européen de qualité, notamment les subordonnées financières, continuent d’offrir des points d’entrée intéressants, soutenus par des fondamentaux solides et un renforcement significatif des fonds propres au cours des dernières années. Dans l’ensemble, les marchés obligataires ne semblent plus constituer un simple amortisseur mécanique, mais un véritable terrain de création de valeur, à condition d’une gestion active et disciplinée du risque de taux et du risque de crédit.
Dans ce contexte, comment composer avec l’incertitude, sans renoncer aux opportunités ?
Dans ce paysage où se superposent points d’appui et sources de volatilité, la structure même de R‑co Valor Balanced constitue un support permettant de traverser les turbulences. Le fonds repose sur une philosophie simple : offrir une exposition équilibrée entre les moteurs de croissance des marchés actions internationaux et les opportunités offertes par un univers obligataire redevenu attractif.
L’univers actions, qui représentait environ 40 % du portefeuille fin 20254, se concentre volontairement autour de 35 à 50 valeurs internationales sélectionnées pour la qualité de leur modèle économique et leur capacité à traverser des cycles économiques contrastés. Cette approche « Carte Blanche » sans biais de style permet d’investir aussi bien dans les grandes capitalisations technologiques mondiales, dans les industriels européens ou nordaméricains, dans les leaders de la santé ou du luxe, que dans des entreprises de croissance à forte intensité d’innovation.
La poche obligataire, qui constituait quant à elle près de la moitié de l’allocation fin 2025, s’appuie sur un univers majoritairement Investment Grade, diversifié en termes de maturités, de secteurs et d’émetteurs, et géré en cohérence avec notre expertise crédit éprouvée de R‑co Conviction Credit Euro. Le portefeuille affiche ainsi une sensibilité proche de 4,444 et un risque crédit modéré. Cette exposition obligataire devient un pilier d’autant plus précieux que les taux d’intérêt se situent désormais dans une zone permettant à la fois du portage et de la convexité, notamment grâce au positionnement actif sur les courbes souveraines et crédit. L’architecture du fonds offre ainsi une capacité accrue à s’adapter rapidement aux inflexions de marché et à amortir les phases de stress.
L’année 2025 a également illustré l’apport essentiel de la gestion active, aussi bien en termes d’allocation global qu’au sein des poches elles-mêmes. Les équipes ont ainsi procédé à plusieurs arbitrages significatifs, renforçant certaines convictions tout en allégeant ponctuellement des titres dont les valorisations devenaient trop exigeantes ou la visibilité moins nette. Ces ajustements illustrent la philosophie du fonds : capturer les dynamiques structurelles de long terme via une allocation pilotée qui concrétise une fusion des deux expertises fortes de la Maison : Valor & Fixed Income.
Dans un environnement de marché où les primes de risque se recomposent, où les divergences géographiques se creusent et où l’inflation ne disparaît pas aussi vite qu’attendu, R‑co Valor Balanced apparaît comme une solution d’allocation flexible et pensée pour les besoins actuels des investisseurs.







