Du non-coté à portée de main : le private equity s’ouvre aux investisseurs privés
Longtemps chasse gardée des investisseurs institutionnels, le private equity s’ouvre progressivement à un public plus large, séduit par ses performances solides et sa promesse de diversification. Avec des objectifs de rendements supérieurs de 3 à 5 %1 aux marchés actions cette classe d’actifs gagne du terrain dans les allocations, notamment chez les investisseurs privés. Et selon Pictet Alternative Advisors, la dynamique est loin de s’essouffler.
Si les rendements ont été au rendez-vous par le passé, il convient toutefois de rester vigilant. Le private equity n’est pas un sprint, mais une course de fond. Il exige une vision à long terme et une capacité à immobiliser du capital sur plusieurs années. À cela s’ajoutent des frais parfois élevés et une performance qui, comme pour tout investissement, n’est jamais garantie.
Des performances qui parlent d’elles-mêmes
Sur les dix dernières années, le private equity a offert une performance annuelle moyenne de 15,8 %, contre 12,4 % pour le marché actions américain, pourtant considéré comme la référence mondiale.
Le principe est simple: investir dans des entreprises non cotées — start-up, PME ou ETI — avec un horizon de détention de plusieurs années. L’objectif ? Les accompagner dans leur gouvernance, les améliorer opérationnellement, stimuler leur croissance en chiffres d’affaires et en EBITDA, pour les revendre, espérant en tirer une belle plus-value à la sortie. Ces investissements peuvent se faire directement, via des prises de participations en capital dans des sociétés ou, indirectement, via des fonds spécialisés qui sélectionnent un bouquet d’entreprises triées sur le volet.
Généralement, les fonds construisent leur portefeuille sur période de cinq ans, avec une dizaine de sociétés ciblées. Les gérants accompagnent ensuite activement ces entreprises, avant de céder leurs participations une fois la rentabilité optimisée. En moyenne, dix ans s’écoulent entre les premières acquisitions et les dernières cessions, les premiers retours sur investissement apparaissant souvent à partir de la cinquième année.
Les Family Office en première ligne
Malgré cette longue période de détention, le private equity séduit. De plus en plus de conseillers en gestion patrimoniale proposent des incursions dans le non-côté.
Dans le dernier Baromètre de l’Association française du Family Office (AFFO), le private equity – dont les produits sont réservés à des classes d’investisseurs spécifiques – s’impose comme la première classe d’actifs dans l’allocation de ces familles fortunées, avec une progression de 15 points par rapport à l’année précédente.
Une volatilité maîtrisée, un stress en moins
Loin d’être un frein, l’illiquidité peut devenir un atout pour les investisseurs ayant la capacité de supporter cette contrainte et cette engagement à long terme. Contrairement aux marchés cotés, le private equity n’est pas soumis à une cotation continue. « L’absence de liquidité est une force : elle évite les réactions émotionnelles en période de stress de marché et permet de rester investi sur le long terme », souligne Beatrice Reitano, Head of Private Equity Investor Relations chez Pictet Alternative Advisors. « C’est une manière de s’épargner le bruit de marché et de se concentrer sur la création de valeur réelle. »
Birkenstock, ou le conte de fée du non-coté
L’histoire de Birkenstock, entreprise familiale fondée en 1774, illustre parfaitement la puissance et la valeur ajoutée du private equity. Connue pour ses sandales en liège issues de la cordonnerie artisanale orthopédique, la marque traverse les siècles mais finit par stagner…jusqu’à l’entrée au capital de L Catterton, société de capital-investissement soutenue par LVMH et Bernard Arnault. En 2021, L Catterton acquiert une participation majoritaire dans Birkenstock avec l’ambition de repositionner la marque dans l’univers de la mode et du luxe. La gestion familiale laisse place à Oliver Reichert, nouveau CEO qui transforme l’entreprise : renforcement des ventes directes, optimisation des marges, expansion en Asie, et collaborations exclusives avec des marques du giron LVMH. Résultat : une marque métamorphosée, introduite en Bourse à New York en 2023 et générant pour les investisseurs un joli multiple sur le capital investi en moins de cinq ans. « L’entrée d’un fonds de private equity tel que L Catterton, au bénéfice d’une expertise reconnue dans le secteur de la consommation, a permis à Birkenstock de passer du statut de belle endormie à celui d’icône mondiale », résume Beatrice Reitano.
Le groupe Pictet
Le groupe Pictet est dirigé par des associés, à la fois propriétaires et gérants. Les principes de succession au sein du collège des associés et de transmission du capital sont inchangés depuis sa fondation en 1805. Le Groupe se consacre exclusivement à la gestion de fortune, à la gestion d’actifs, à la gestion alternative et à l’asset servicing. Il ne propose ni crédits commerciaux ni prestations de banque d’affaires.
Avec des actifs sous gestion ou en dépôt se montant à CHF 724 milliards (EUR 771 milliards, USD 799 milliards, GBP 638 milliards) au 31 décembre 2024, Pictet compte aujourd’hui parmi les principaux acteurs indépendants de la gestion de fortune et de la gestion d’actifs en Europe.
Le Groupe a son siège à Genève, où ses activités ont débuté, et emploie près de 5’500 collaborateurs. Possédant 31 bureaux à travers le monde, il est également présent à Amsterdam, Bâle, Barcelone, Bruxelles, Dubaï, Francfort, Hong Kong, Lausanne, Lisbonne, Londres, Luxembourg, Madrid, Milan, Monaco, Montréal, Munich, Nassau, New York, Osaka, Paris, Rome, Shanghai, Singapour, Stuttgart, Taipei, TelAviv, Tokyo, Turin, Vérone et Zurich.
Pictet Alternative Advisors
Entité indépendante du groupe Pictet, Pictet Alternative Advisors (PAA) est responsable des investissements directs et indirects dans les segments des hedge funds, du private equity et de l’immobilier réalisés pour des clients privés et institutionnels. PAA emploie près de 200 spécialistes de la gestion alternative et gère USD 46 milliards investis pour USD 27 milliards dans des stratégies de private equity, pour USD 14 milliards dans des hedge funds, pour USD 4 milliards dans des actifs immobiliers et pour USD 1 milliard en dette privée (chiffres à fin décembre 2024).







L’intrication qui vient