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Quoi de plus satisfaisant que de prendre le large lorsque l’on possède un bateau de plaisance ? Jean Verheyen, souscripteur mandaté membre du groupe AXA, spécialisé notamment dans l’assurance des bateaux de plaisance, partage quelques conseils pour naviguer en règle et anticiper les nultiples risques.

Si l’on ne connait pas le nombre de bateaux de plaisance appartenant à des Belges (le SPF Mobilité et Transports l’estimait en 2023 à environ 93.000 [1]), aujourd’hui, 29.000 bateaux sont enregistrés sous pavillon belge avec une autorisation active en règle. L’enregistrement est en effet obligatoire (et 100% digital depuis mai 2026, via le portail https://pleasureboating-registration.mobilit.fgov.be/index.html) pour tous les bateaux d’une longueur de coque égale ou supérieure à 2,50 m et pour les tous les véhicules nautiques à moteur. Le numéro d’enregistrement doit être apposé visiblement sur le bateau.

Valable 5 ans, la « lettre d’enregistrement » obtenue doit toujours se trouver à bord ou être accessible via votre smartphone (un QR code permet d’identifier votre bateau) ; elle mentionne aussi l’équipement obligatoire à bord en fonction du bateau. De plus, un permis de navigation régional peut être nécessaire en Flandre et en Wallonie pour certains bateaux et dans certaines eaux intérieures. Tout comme un brevet de pilotage si le bateau mesure au moins 15 mètres et/ou s’il peut dépasser 20 km/h.

Puis-je naviguer où je veux ?

Selon la zone de navigation choisie et indiquée sur votre lettre d’enregistrement, vous êtes autorisé.e à naviguer sur les eaux intérieures belges et/ou dans la mer belge et/ou dans certaines eaux étrangères. Veillez donc à adapter votre enregistrement si vous changez de destination.

On estime que les Belges possèdent davantage de bateaux à moteur que de voiliers. Les premiers (vedettes et petits bateaux) naviguent plutôt sur les eaux intérieures (fleuves, rivières et canaux), tandis que les voiliers sont plus nombreux sur la côte belge (Nieuport étant le principal port de plaisance, avec environ 2000 places d’amarrage), mais aussi aux Pays-Bas et dans le nord de la France. Certains plaisanciers optent pour la Méditerranée, d’autres poussent vers la mer Baltique.

Quelles sont mes obligations en matière d’assurance ?

Lorsque l’on possède un bateau, il faut penser aux dégâts matériels mais aussi humains qui peuvent survenir sur son propre bateau ou être causés à autrui. L‘assurance en responsabilité civile est obligatoire pour naviguer mais elle ne couvre que très partiellement les risques. Des assurances et garanties complémentaires sont donc recommandées, en fonction de votre bateau et de votre zone de navigation.

Chez Jean Verheyen, la navigation de plaisance est une activité de niche en croissance d’environ 10% par an. « C’est une spécialité très technique qui demande des connaissances étendues car il faut s’y connaitre en bateaux de tous types et se tenir au fait des réglementations en constante évolution dans les différentes régions et pays que nous couvrons. Ce qui explique que très peu d’assureurs proposent une protection complète qui permette de naviguer en toute sérénité », déclare Guy Noesen, Director Art-Patrimony chez Jean Verheyen lui-même navigateur aguerri et ex-sauveteur en mer de la SNSM en France.

En matière d’assurance de navigation de plaisance, Jean Verheyen est l’un des leaders de ce marché en Belgique. L’entreprise assure pour le compte d’AXA et d’Allianz ESA des bateaux d’une valeur maximale de 350.000 euros. Les risques étant répartis entre les deux grands assureurs. Deux zones de couverture sont proposées : une limitée aux eaux belges et limitrophes, et une élargie allant de l’Islande à la Méditerranée.

Les cinq assurances pertinentes pour la plaisance

Parmi les aléas rencontrés par les plaisanciers, les manœuvres délicates pour entrer et sortir d’un emplacement au port font l’objet de nombreux incidents, comme des griffures et des coups dans la coque malgré le pare-battage (les bouées de protection). Un coup de vent ou une tempête peuvent aussi générer ce type de dégâts lorsque votre bateau est amarré. En mer, arracher l’ancre d’un voilier en passant trop près est un autre sinistre très courant. Il arrive aussi de heurter un objet flottant ou de déchirer une voile. Dans les eaux intérieures, un risque en hausse concerne les algues et herbiers qui s’enroulent dans les hélices. Un autre risque récent concerne le risque de surchauffe de certaines batteries rechargeables alimentées par des panneaux solaires.

La RC (responsabilité civile) obligatoire couvre les dommages corporels et matériels causés à des tiers : par exemple si vous blessez un nageur, un passager d’un autre bateau ou une personne sur un quai ; ou si vous heurtez un autre bateau, un ponton, une écluse, etc. La RC familiale se limite aux petites embarcations. Faire de la plaisance nécessite le plus souvent une RC Navigation spécifique.

En revanche, si les dégâts concernent votre propre bateau, c’est l’assurance omnium qui intervient. Elle est facultative mais fortement recommandée si votre bateau a de la valeur, d’autant que les réparations sont vite onéreuses. Elle couvre notamment les risques de collision, échouement, tempête, incendie et vol.

Trois autres garanties sont très importantes et parfois méconnues des navigateurs.

La garantie individuelle accident permet de protéger le pilote et les passagers car il n’est pas rare de se cogner ou de se blesser sur un bateau. Cette garantie complète la RC Navigation en indemnisant les victimes indépendamment de la recherche d’une responsabilité.

La protection juridique permet quant à elle de se protéger des autres. Si vous ou votre bateau êtes victime d’autrui mais que cette personne ne reconnait pas les faits, la protection juridique couvre les coûts pour le cas échéant aller en justice (dans la limite des conditions du contrat).

La garantie enlèvement, assistance et sauvetage est certainement la plus précieuse au regard des enjeux, pour une prime annuelle très modeste de quelques dizaines d’euros. « Je la recommande particulièrement car il s’agit à la fois de vies humaines et de coûts parfois énormes. Imaginez, par exemple, que vous obstruez l’entrée d’un grand port marchand comme Zeebruges suite à une voie d’eau dans votre petit bateau. Vous avez intérêt à avoir une bonne assurance qui organise très rapidement le remarquage de votre bateau, sous peine de vous exposer à une facture très élevée pour avoir entravé le passage de cargos », explique Guy Noesen. Cette garantie est d’ailleurs de plus en plus souvent exigée par les ports de plaisance pour louer un anneau, afin d’éviter que certains propriétaires délaissent leur bateau jusqu’à le laisser couler dans le port.

Les conseils de Guy Noesen

« Pour naviguer avec le plus de sécurité possible, le maitre-mot est ‘anticiper’ », assure-t-il. Il conseille :

  • D’investir dans un équipement de qualité (gants et chaussures adaptés…),
  • Toujours porter un gilet de sauvetage et rester vigilent,
  • Avoir tout le monde sur le pont avec des instructions claires lors des manœuvres pour accoster ou quitter le quai,
  • Et bien sûr, sortir bien assurés.

[1] https://mobilit.belgium.be/fr/news/approche-circulaire-pour-les-bateaux-de-plaisance-en-fin-de-vie?utm_source=chatgpt.com

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