Pour tenter d’optimiser les performances des portefeuilles en 2026, le temps est désormais à la diversification des investissements selon Michel Saugné, CIO de LFDE : “L’attractivité du Japon, de l’Europe et des pays émergents les fait apparaitre comme des choix pertinents dans un objectif de diversification.”
Fin janvier, dans la présentation de sa stratégie de début d’année, Michel Saugné appuyait déjà sur l’efficacité d’une diversification plus large des portefeuilles, hors marché américain. La clé probable de la performance en 2026 !
Les événements de ce début d’année vont dans ce sens. Depuis quelques semaines, la pression monte sur la Bourse américaine avec le secteur des éditeurs de logiciels qui a été le premier à payer les frais (en baisse de plus de 20 % depuis le 1er janvier), frappé par les craintes relatives à l’intelligence artificielle.
Au bilan, depuis le 1er janvier, Wall Street est à la traîne des marchés internationaux en termes de performance, alors que la totalité des autres grands indices mondiaux navigue dans le vert depuis janvier (Stoxx Europe 600 +4,5 %, Japon +12 %…). Le S&P 500, l’indice phare de la Bourse de New York est stable alors que même le Nasdaq Composite est dans le rouge à la mi-février (-2,99 %).
Dans ses perspectives pour 2026, Michel Saugné se dit préoccupé par les valorisations de certaines valeurs à Wall Street avec des ratios cours/bénéfice tutoyant des niveaux élevés. En deux mots, les marchés américains sont devenus bien plus onéreux que leur moyenne historique. « La marge d’erreur devient très limitée avec des espérances de croissance bénéficiaire élevées qui se mêlent à un haut sentiment d’optimisme chez les opérateurs. Les marchés actions restent chers selon nous et la probabilité que les indices américains continuent de performer est mince avec de tels niveaux de valorisations. Du côté du marché obligataire, les spreads sont aujourd’hui serrés, traduisant le fort optimisme des investisseurs quant à la stabilité économique mondiale. »
Début de la fin de la baisse des taux…
« Si les politiques monétaires mondiales restent encore accommodantes, le mouvement de baisse de taux devrait arriver à son terme tandis que le niveau de dette limite les stimulus fiscaux supplémentaires. »
En termes de diversification, il est important de noter que les actions européennes se négocient à des niveaux de valorisation nettement inférieurs à ceux des États-Unis, dans un environnement qui reste par ailleurs relativement porteur. Le plan de relance massif décidé par l’Allemagne sera un soutien pour la croissance européenne, tout comme la baisse des prix de l’énergie depuis quelques trimestres, dû à la combinaison de la baisse du prix du baril de pétrole et celle du dollar américain. Tandis que l’inflation européenne demeure bien maîtrisée, certains analystes optimistes tablent même sur une croissance européenne proche de +1,8 % au quatrième trimestre.
Alors qu’une accélération de la consommation est dans les cartes, la fin du conflit ukrainien pourrait faire partie des bonnes surprises. Cependant, le marché allemand apparaît comme une bonne opportunité tandis que la France a besoin de stabilité.
Depuis quelques années, les marchés américains ont aimanté les flux des d’investisseurs. Mais là aussi, le vent tourne en ce début d’année.
Stock picking dans les valeurs bancaires
Les ETF axés sur l’Europe se sont distingués en janvier, enregistrant des entrées plus importantes que les ETF américains. Une première depuis longtemps et une preuve que les investisseurs poursuivent un travail de diversification de leurs portefeuilles. Malgré cette inversion de leadership, il est à noter les flux toujours positifs continuent de progresser vers les ETF américains.
Marchés actions : une nécessaire sélectivité ?
“Si l’on se penche sur les marchés actions, un segment attire particulièrement l’attention, celui de la Qualité européenne. Après 18 mois difficiles et quelques déceptions, le niveau de valorisation semble s’être normalisé” selon le CIO de LFDE.
Au niveau sectoriel, le secteur bancaire européen, qui a déjà brillé en 2025, conserve encore du potentiel mais avec une différence. Il faut agir de façon plus sélective dans ses choix, être plus attentif à l’alpha plutôt qu’au bêta, c’est-à-dire orienter plus ses choix vers des valeurs qui auront tendance à surperformer plutôt que d’acheter l’entièreté du secteur via un ETF par exemple. Le stock picking sera donc roi !
« Après le fort momentum, la sélectivité est de mise selon nous avec un secteur bancaire européen qui a été plus performant que les Sept Magnifiques en 2025 (Amazon, Alphabet, Meta, Tesla, Microsoft, Apple, Nvidia), » explique-t-il. En effet les Sept Magnifiques qui ont fait le bonheur de nombreux investisseurs, viennent de toucher un point bas de cinq mois dans les marchés (16 février).
Le Japon a encore du chemin…
Autre vecteur de diversification, déjà pertinent en 2025, le marché japonais qui reste intéressant. Le Japon est entré dans une nouvelle ère alors que l’on croyait le pays au bord de l’effondrement il y a quelques trimestres. Le Japon a sensiblement évolué ces trois dernières années tout en bénéficiant de conditions financières accommodantes, avec une politique pro-croissance assurée par un gouvernement renforcé par les dernières élections. Dans le même temps, la hausse des revenus, et les mesures de relance budgétaire à venir devraient stimuler davantage la consommation. Le Yen a affiché des plus bas historiques face au dollar et quelques autres devises. Sur les quatre dernières années, le déclin de la devise nippone approche les 40 % face au dollar (un peu plus face à l’euro). Une vitesse de dépréciation qualifié à sens unique et rapide par le gouvernement nippon. Face à une sous-valorisation criante de la devise nippone, la poursuite de la baisse devient difficile. L’investisseur bénéficie donc aussi de l’achat d’une devise bon marché.
Depuis le 1er janvier, le Topix japonais gagne plus de 15 % à mi-février, porté entre autres par des banques qui ont longtemps été pénalisées par les taux bas et sont sur le remonte-pente grâce à une profitabilité retrouvée avec le retour à la hausse des taux.
« Depuis 18 mois, nous sommes favorables sur les pays émergents et nous persistons », affirme encore Michel Saugné. La baisse du dollar américain a toujours été un facteur favorable historique à la zone émergente.
Malgré la baisse récente, l‘or reste la valeur refuge par excellence mais aussi la seule alternative au dollar. Aussi longtemps que les incertitudes géopolitiques subsisteront, la méfiance des investisseurs les poussera à plébisciter ce type d’actifs.
Une nouvelle étape s’ouvre pour les marchés, après une phase marquée par d’abondantes liquidités et une baisse des taux des banques centrales sur fond de désinflation, nous entrons dans une période où les bénéfices seront la ligne conductrice. Moins de linéarité, plus de dispersion et de volatilité à venir !







