Grégoire KOUNOWSKI, Head of Advisory chez Norman K.
Après avoir subi une chute historique depuis vendredi (-10 % pour l’or et -30 % pour l’argent), l’or a progressé de plus de 6% mardi matin sur les contrats à terme (futures), tandis que ceux sur l’argent gagnaient 12%. Les actions et les ETF des sociétés minières internationales ont également progressé en début de séance.
Vendredi dernier, l’ambiance était bien différente. La nomination de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale – un candidat considéré comme moins susceptible de céder aux pressions de Trump – et le relèvement des exigences de marge pour le négoce des métaux précieux aux États-Unis et en Chine, ont contribué à la chute du cours des métaux précieux. En trois jours, l’or a baissé de 13% mais c’est surtout l’argent qui s’est effondré (-31%), tandis que les ETF qui suivent l’or et l’argent ont perdu près de 150 milliards de dollars de leur valeur.
A-t-on assisté à un véritable tournant structurel, ou plutôt à une réaction exagérée des marchés en fonction d’indicateurs de court terme ? A priori, les intentions des investisseurs en métaux précieux ne se sont pas forcément dégradées. En dépit d’une surchauffe évidente au mois de janvier, et de la forte correction qui a eu lieu, la demande globale d’or devrait rester élevée dans les mois à venir. En revanche, la très forte volatilité de l’argent était attendue avec un marché d’une taille bien plus réduite que celui l’or et un rôle plus important joué par les investisseurs particuliers.
Il reste qu’une forte hausse de la demande en argent est attendue dans les 10 ans à venir. Principalement pour des raisons industrielles avec la démocratisation du photovoltaïque et le développement croissant de nouvelles technologies cellulaires. D’ici 2030, la demande serait comprise entre 48 000 et 54 000 tonnes par an, alors que l’offre n’atteindra que 34 000 tonnes. Dans ce cas de figure, seuls 62 à 70% de la demande seraient satisfaits.
S’ils se méfient davantage de l’argent, beaucoup d’analystes estiment que la mauvaise passe de l’or n’est que temporaire car le métal jaune reste la valeur refuge par excellence, notamment face à l’inflation et aux incertitudes résultant des décisions prise aux États-Unis. Son cours devrait rester porté par une demande soutenue des banques centrales et des investisseurs. Ainsi, malgré sa chute soudaine, la valeur actuelle de l’or présente de nouvelles opportunités d’investissement pour les investisseurs qui n’avaient pas encore pris le train en marche et permet de rééquilibrer les portefeuilles dans un contexte international imprévisible et mouvant.







