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Christopher Dembik, Senior Investment Strategy Adviser Pictet Asset Management.

Pour l’instant, nous sommes face à une configuration de marché habituelle. La hausse du risque géopolitique a incité les investisseurs à accroître leur poche de cash dans les portefeuilles au détriment des actions. D’après le régulateur américain, les gestionnaires d’actifs ont vendu des contrats à terme sur le S&P 500 pour 36,2 milliards de dollars sur la semaine du 3 au 10 mars. Les investisseurs se replient sur les stratégies long-short qui sont décorrélées des actions et des taux. Les bourses chutent mais sont résilientes. Sur les matières premières, plusieurs marchés sont confrontés à une dislocation des prix. Le prix spot du pétrole est proche de 100 dollars le baril mais peut monter jusqu’à 150 dollars en Asie (à l’exception du pétrole qui est transporté par la flotte fantôme russe et iranienne). Bonne nouvelle toutefois, il n’y a pas de pénurie de pétrole. Nous avons commencé l’année avec un excédent d’offre pétrolière. Certains pays du Moyen-Orient exportent leur pétrole sans passer par le détroit d’Ormuz. C’est pour cela que le déséquilibre est peu perceptible, à part en Asie. En revanche, certains pays, comme le Bangladesh, l’Inde et l’Egypte, commencent à manquer d’engrais pour leurs récoltes. Enfin, la liquidité sur les bourses chute, signe de l’incertitude. Là encore, c’est normal.

Et maintenant ? Tout va dépendre de la durée du conflit. Prenons l’invasion russe de l’Ukraine. Il a fallu cinq semaines de flambée des prix de l’énergie pour que le marché comprenne que les disruptions liées à la guerre n’étaient pas temporaires et allaient entraîner une hausse durable de l’inflation et des taux directeurs. Dans la foulée, les actions se sont effondrées, sans surprise. Heureusement, nous avons encore un peu de répit avant d’être confrontés à un scénario similaire.

Que faudra-t-il observer avec attention dans les jours et semaines à venir pour savoir dans quelle direction l’économie va aller ? Les cours de l’énergie et des engrais et les images satellites du détroit d’Ormuz, évidemment. Plus original, la masse monétaire M3 dans les pays du Conseil de coopération du Golfe. Dans des conditions normales, c’est le principal indicateur de la manière dont la richesse pétrolière entre dans l’économie domestique.

À surveiller

  • Markit doit publier demain son baromètre pour les services et le secteur manufacturier aux États-Unis. Tous les deux sont attendus en phase d’expansion en février. Ce n’est que le mois prochain que nous serons en mesure de commencer à estimer l’effet de la guerre sur le secteur manufacturier mondial.
  • Attention, nous entrons dans la période creuse des rachats d’actions par les entreprises américaines qui devrait durer jusqu’à fin avril. Dès cette semaine, environ 45% des entreprises du S&P 500 devraient cesser leurs rachats. L’absence de ces mains structurellement acheteuses risque de peser négativement sur les actions.

Le saviez-vous ?

Le pétrole est sur toutes les lèvres. Mais savez-vous différencier le WTI et le Brent ?

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