Les épargnants, confrontés aux énormes mouvements des marchés actions et obligataires ainsi qu’aux premières les craintes de regain d’inflation et de stagflation, s’interrogent de la direction à investir pour abaisser la volatilité de leur portefeuille. Quelques options émergent pour profiter d’opportunités financières
Sur les marchés actions, le conflit au Moyen-Orient a remis en quelques jours les compteurs à zéro et même en négatif. Pourtant l’année s’annonçait belle et avait bien débuté. Fin février, l’Euro Stoxx 50 affichait un gain de 5 %. Avec le début du conflit, les marchés ont pris le toboggan.
Une volatilité qui peut s’avérer difficile à digérer dans les portefeuilles. Une idée pour la réduire, tout en conservant l’espoir d’une performance, est d’introduire des fonds de crédits/obligataires. Mais ce choix doit être pointu.
En pratique ces types de fonds, avec leur palette d’outils, parviennent à mieux gérer ces risques et mieux amortir les effets négatifs, en étant plus réactif. Par exemple en bougeant le curseur de la duration des obligations détenues en portefeuille mais surtout avec l’utilisation futée de couvertures qui permet d’annihiler les risques de crédit en un clic et le temps nécessaire. Mais aussi dans le sens contraire, en ouvrant grandes les voiles pour mieux engranger la performance, quand la météo est claire.
Car, comme le marché actions, le marché obligataire a aussi subi les désordres ces dernières semaines. Illustration, le rendement de la solide obligation d’Etat allemande à 10 ans, le « Bund », est passé de 2,65% fin février à 3 % mi-mars. Ce mouvement correspond à une baisse de prix de 2.9 % pour une obligation, pourtant défensive, au taux annuel de 2.9 %.
Au milieu des inquiétudes inflationnistes et stagflationnistes, surtout alors que la guerre en Iran pousse les prix du pétrole à la hausse, les actions et les obligations tendent à évoluer de concert dans la même direction (contrairement aux autres crises).
Les obligations perdent leur statut de valeur refuge
Cette corrélation sape la valeur de certains modèles de portefeuilles, conçus pour isoler les investisseurs des fortes fluctuations des prix des obligations ou des actions. Car elles évoluent généralement dans des directions opposées.
Le danger du Private Equity
Alors que les marchés obligataires doivent affronter d’autres vents négatifs, cette fois liés au crédit privé. Les problèmes de Private Equity « se multiplient de trimestre en trimestre », en partie à cause de « l’alchimie financière consistant à promettre une liquidité qui n’existe pas.
Les turbulences traversées par le fonds Blue Owl en témoignent ! Le gérant Blackstones a été confronté à des demandes de retraits substantielles sur l’un des grands fonds le Private Equity, un signe que les investisseurs privés commencent à devenir nerveux et à se dégager de cette classe d’actif. Alors que le patron très médiatique de JP Morgan, Jaimie Dimon, a été offensif, mettant en garde face à ce qu’il appelle ces cafards de la dette privée. Un marché qui pèse 1700 milliards de dollars.
Même si la situation est totalement différente, cet événement peut rappeler à certains de mauvais souvenirs de 2008…Cependant, Nolwenn Le Roux, gérante obligataire chez DNCA et Henriette Le Mintier, Gérante Crédit chez LFDE-LBPAM se veulent rassurantes.
Face à ces turbulences, le fonds DNCA Crédit Conviction, qui applique une stratégie crédit Total Return, active et flexible pour mieux s’adapter à un marché changeant, maintient le cap et affiche 4.22% de performance au 18 mars sur les 12 derniers mois, et limite la baisse de performance depuis le début de l’année malgré la forte poussée des rendements provoquée par le conflit du Moyen Orient. En effet, la hausse du prix du baril de pétrole induit plus d’inflation (voir l’effet du rendement du Bunds 10 ans citée ci-dessus).
Et le fonds démontre que générer de la performance dans l’ensemble des phases de marché devient possible en s’adaptant à la volatilité, qui peut même devenir une source de performance.
Pour y parvenir, le fonds adopte sur une stratégie adéquate impliquant deux moteurs de performance: un investissement sur le crédit via une allocation défensive, équilibrée ou offensive et un pilotage actif de la duration et de l’exposition crédit.
Ce deuxième moteur prévoit une gestion tactique de la sensibilité obligataire, pour limiter le risque de baisse du portefeuille et réduire la volatilité.
Il inclut aussi une gestion active du risque de crédit à travers l’utilisation d’une large palette de stratégies obligataires.
Une moyenne supérieure à 6 % les trois dernières années
A ce petit jeu avec le regard dans le rétroviseur, DNCA Credit Conviction affiche 14.65% de performance depuis fin 2023, date de la mise en œuvre de la stratégie, preuve que le fonds sait profiter des phases favorables et battre les taux de placement à durée fixe et de trésorerie.
Dans le positionnement actuel, la portion de HY (haut rendement) a été réduite car selon Nolwenn Le Roux, ce créneau a besoin de croissance pour performer et les écarts de rendement sont devenus trop tenus, pas assez gras pour le risque endossé comparé aux rendements des obligations de qualité supérieure. « Actuellement, dans nos positions, nous avons renforcé notre pondération en obligation sur le secteur de la défense, nous conservons une pondération supérieure dans les sociétés financières, qui bénéficient de bilans solides, même si cette pondération a été réduite au cours des douze derniers mois. »
Le fonds continue d’attirer
Enfin signe que ce type de gestion est apprécié, ces fonds surfent sur leur succès et continuent de collecter des flux, tout comme le marché du crédit selon la gestionnaire de DNCA : «. Depuis 2025, les stratégies Total Return continuent de rencontrer une forte demande Cette demande reste soutenue depuis le début d’année, au détriment des fonds à maturité fixe. La principale explication selon moi, se justifie par le niveau de rendement supérieur au monétaire et à celui de l’inflation et la flexibilité de ces fonds, leu permettant de s’adapter aux évolutions de marché. »
Une autre inquiétude
Mais une autre inquiétude occupe la gérante : « .La volatilité s’est accrue sur les taux d’intérêt depuis le début du conflit. Les taux courts augmentent car les Banques Centrales pourraient adopter une politique monétaire plus restrictive pour lutter contre l’inflation. Les taux longs augmentent aussi à cause de la croissance des déficits budgétaires, qui pourraient encore s’aggraver si la croissance s’affaiblit ou si les Etats interviennent pour soutenir l’économie. Cette volatilité des taux impacte le crédit et reste un indicateur clé pour la performance future du marché. »







L’intrication qui vient