Avec une performance de 45,86 % en 2025 et de près de 6 % en 2026 à fin avril, Le fonds DNCA Invest Stratgic Ressources (part I) brille et continue de réaliser une collecte positive significative. Avec les métaux précieux en fond de cale, le fonds investi aussi sur les métaux industriels avec un pari sur l’aluminium en ce début de printemps.
Les métaux précieux et industriels, plutôt ceux de la transition énergétique composent le portefeuille d’un fonds pas comme les autres, offrant diversification, décorrélation au monde actions/obligations, avec des actifs tangibles et liquides. Les matières premières sont indispensables au monde de demain mais aussi dans un portefeuille équilibré.
Et les derniers événements géopolitiques mettent de l’eau au moulin, avec la transition et le besoin croissant d’une souveraineté énergétique, exacerbée par les événements du détroit d’Ormuz, l’endettement record des acteurs économiques et le retour régulier de l’inflation. Les matières premières sont devenues un actif encore plus stratégique que par le passé.
Mais dans ce domaine si particulier des métaux industriels et précieux, il faut savoir être réactif et sauter sur le bon cheval au bon moment.
L’or a perdu sa boussole ?
D’ailleurs, certains ont peut-être perdu leur boussole avec les derniers mouvements de l’or. Euphorique les deux dernières années, empilant records sur record, le métal jaune est rentré dans le rang ces derniers mois malgré des tensions géopolitiques au paroxysme.
Il existe une explication à cette faiblesse, temporaire selon le gérant du fonds DNCA Invest Strategic Ressources, Alexandre Carrier : « Souvent dans la première partie d’une crise, l’or baisse. Dans un marché financier qui se grippe, certains acteurs ont besoin de liquidité et optent pour la vente d’or. D’ailleurs, l’or n’est-il pas acquis justement pour mieux traverser les périodes difficiles ? »
Les explications sont d’ailleurs multiples. Avant la crise, sentant la poudre, la population iranienne a cumulé des achats d’or de précaution. Cette décision s’est avérée judicieuse. La devise locale iranienne, le Rial, s’est effondré de 60% dans les 12 premiers jours du conflit. L’or a conservé sa valeur et a assuré son rôle. »
Puis la Russie, rencontrant des difficultés pour financer sa guerre, a dû se résoudre de vendre de son stock d’or, Tandis que la Turquie pour défendre sa devise, s’est mis à se délester aussi de l’or.
Après une crise, selon le gérant, l’or tend à se stabiliser avant que les banques centrales agissent. « Actuellement, notre scénario central se base sur le maintien du niveau actuel des taux d’intérêt. Mais la persistance d’un prix du pétrole qui resterait élevé est susceptible de modifier notre analyse, avec l’inflation. »
Pour l’or, le positionnent doit être beaucoup plus fin, explique le spécialiste de DNCAFinance : « Nous en avons cédé un peu en fin d’année, mettant à profit la dernière poussée de fièvre. Après la correction de ces dernières semaines, le marché est devenu plus sain, moins spéculatif qu’en décembre. Nous avons racheté de l’or en mars. »
Mais il faut conserver une vue long terme « Être exposé en permanence à l’or reste une bonne idée. Environ 10 à 12 % de notre fonds est placé dans le métal jaune, une pondération légèrement supérieure à sa moyenne en revanche, notre position générale sur les métaux précieux (argent, platine, palladium) est pratiquement en ligne (39 % au 23/04 contre 40 %), avec une réduction du poids de l’argent devenu trop spéculatif ces derniers mois. »
Cependant, les arguments ne manquent pas pour une poursuite de la hausse de l’or. Le conflit au Moyen Orient va impacter l’endettement mondial. Dans les prochains trimestres, les USA vont devoir rouler leur dette (qui a gonflé avec le conflit actuel), à des taux plus élevés, avec la conséquence de charges d’intérêt, devenues le premier poste dans le budget, avant celui de la défense. La dette est un outil économique utile quand la croissance est forte. Hélas, cette situation n’est pas celle d’aujourd’hui.
Et dans de nombreux pays, les dettes d’état ont dépassé le seuil des 100 % du PIB. Nous sommes entrés dans un cercle vicieux. Puis la population de ces pays est vieillissante… avec des risques inhérents. Les US Treasurys mais aussi les obligations gouvernementales européennes deviennent de moins en moins attractives. A l’inverse, l’or n’a pas de dette et son volume disponible est pratiquement constant.
Aluminium : pari court terme
L’aluminium devient, à sa manière, de plus en plus précieux. En cette fin d’avril c’est le métal qui présente la plus forte pondération dans le fonds DNCA Invest StrategicRessources. « Nous étions sous-pondéré en 2025 avant de remonter progressivement notre exposition fin 2026, avec le nickel, » explique Alexandre Carrier, gérant du fonds DNCA Invest Strategic Ressources.
La production d’aluminium à forte intensité énergétique, a été laminé une première fois en Europe par le choc énergétique et la guerre en Ukraine de 2021-2022. Les récents événements n’ont pas été favorables à une reprise de la production alors que la demande risque d’augmenter.
Actuellement, une grosse partie de la production vient de Chine, 45 millions de tonnes sur 75 dans le monde. Or la Chine vient d’imposer un plafond de production, justement au niveau de ces 45 millions de tonnes, Car, pour être produit, l’aluminium est vorace en énergie. Et face aux besoins croissants d’énergie, la Chine a dû faire un choix, celui de ne pas produire plus d’aluminium en plafonnant la production. Le Moyen Orien représente 15 % des exportations mondiales de ce métal stratégique, cette fois produit avec une énergie bon marché puisque enfouie dans le sous-sol proche.
Mais récemment, les attaques iraniennes sur les fonderies de Bahreïn et aux Emirats ont mis à mal la production. Avec effet immédiat sur les marchés réactifs au moindre événement. Les prix de l’aluminium ont flambé, avec un cours en pleine fusion qui a atteint 3500 dollars la tonne, une hausse de 10 % en quelques jours. Sur les 12 derniers mois, le prix a grimpé de 50 %. Longtemps dans l’ombre du cuivre, l’aluminium devient un métal clé, stratégique dans une pénurie grandissante. Les stocks sont au plancher alors que la Chine ne jouera pas le chevalier blanc, avec son plafond réglementaire de production.
Les besoins en aluminium risquent d’être soutenus car ils rentrent dans la production des panneaux solaires, dans l’éolien, les voitures électriques qui en réclament particulièrement beaucoup. Pour ajouter un peu plus de pression, la dernière hausse des prix du pétrole vont probablement provoquer un boost supplémentaire favorable aux énergies renouvelables avec des pays devenus encore plus sensibles à la souveraineté énergétique (conséquence de la hausse du prix du baril, les ventes de voiture électrique ont augmenté de 10 %). Avec un poids de plus de13 %, l’aluminium est la plus forte pondération du fonds.
Le cuivre de plus en plus demandé
Le cuivre a quasiment doublé sur une année, c’est une autre grande conviction dans le fonds. « Il a pesé jusqu’à 17 % dans le fonds mais on est revenu à une douzaine de pourcents, » ajoute Alexandre Carrer. Le cuivre est présent dans une « multitude de secteur », traditionnel comme la construction mais on le retrouve aussi dans les énergies renouvelables, les batteries, dans les data center avec les nombreux câbles qu’il faut refroidir, dans la défense (missile, rafales frégates…), dans la robotique.
Avec cette forte demande, le risque de déficit à l’horizon 2030 est réel. Les sociétés minières ont très peu investi. Entre la découverte et la production, 15 ans peuvent se passer (permis, infrastructures, financement, personnel…). « C’est un peu le pétrole des année 70. Il existe un manque d’investissement, » souligne le gérant de DNCAFinance.
Actuellement, le fonds investi exactement dans10 métaux et l’aluminium est une surpondération à court terme et le cuivre à moyen terme.
Avec aussi une exposition à l’étain, un métal plus discret et peu présent dans les fonds en général. Utilisé pour les soudures, aussi une sorte de colle pour les semi-conducteurs. Aujourd’hui, 50 % de la demande d’étain est destiné à la technologie. Le marché est petit, étroit et les grands conglomérats investissent peu….
Les banques centrales animent l’or
Enfin il faut encore ajouter un argument à l’or métal avec la préférence croissante des banques centrales pour le métal jaune.
La part de l’or dans les réserves des banques centrales a triplé pour atteindre 30 % aujourd’hui par rapport aux années 1990, les responsables de la politique monétaire cherchant à se protéger contre les turbulences géopolitiques, avec une défiance croissante envers le dollar US. La part en pourcentage du dollar américain dans les réserves des banques centrales étrangères est tombée à 40 %, contre plus de 60 % auparavant.
Les banques centrales semblent inverser la tendance observée dans les années 1990, lorsqu’elles avaient réduit leur exposition à l’or au profit du dollar américain,
Mais il faut tenir compte que 80 % de la hausse de la part de l’or dans les réserves des banques centrales est due à l’appréciation des cours plutôt qu’à de nouveaux achats. L’année dernière, l’or a enregistré sa plus forte hausse annuelle depuis 1979 — ironiquement, l’année de la révolution iranienne — et affiche désormais une progression de plus de 40 % au cours des 12 derniers mois.
Cependant les achats des banques centrales continuent de représenter une part importante de l’augmentation des réserves, et participent à la hausse du métal jaune.
L’or est depuis longtemps considéré comme une valeur refuge pour les investisseurs en quête de sécurité en période de conflit mondial.
‘Last but not least’, un avantage du fond, c’est qu’il est exposé au physique indirectement au cuivre, à l’étain, à l’or, etc. et non aux actions. Enfin le fonds est passé de 150 millions d’actif sous gestion à… 450 millions.







