Les résultats du troisième trimestre 2025 de LVMH ont largement dépassé les attentes. La croissance organique du chiffre d’affaires du groupe est repassée en territoire positif à +1%, contre un consensus à -0,7%, marquant une nette amélioration séquentielle après une baisse de -4% au deuxième trimestre. Cette reprise repose sur une véritable progression des volumes, plutôt que sur des effets prix, traduisant une amélioration plus saine et durable de la demande sous-jacente.
Au sein de la division phare Mode et Maroquinerie, l’accélération de la croissance a été généralisée et particulièrement soutenue par les clients chinois et américains — avec la Chine revenant à une croissance de l’ordre de 5 à 9 % (les dépenses des Chinois à l’étranger restant négatives mais en amélioration), tandis que les États-Unis affichaient également une reprise marquée à +3% (contre une croissance au point mort précédemment).
Croissance de qualité dans toutes les divisions
La progression a été bien répartie entre les principales activités.
Mode et Maroquinerie, le plus grand segment, a limité son recul à -2% (contre un consensus à -3,5%), après avoir affiché -9% au trimestre précédent. Au sein de cette division, Dior a enregistré des avancées sur la plupart des marchés, soutenu par un renouveau créatif sélectif et le renforcement de l’offre produit. La Distribution Sélective a progressé de +7%, nettement au-dessus des attentes, portée par la performance exceptionnelle de Sephora et la reprise de l’activité de vente au détail liée aux voyages chez DFS, notamment à Hong Kong et Macao. La division Montres & Joaillerie a augmenté de +2%, stimulée par les gains à deux chiffres de Tiffany sur ses gammes principales.
Les Parfums & Cosmétiques ont fait un bond de +2%, avec des contributions remarquées de Guerlain, Givenchy et Maison Francis Kurkdjian. Enfin, Vins & Spiritueux est revenu à +1% (contre un consensus à -3,2%), grâce à la vigueur du Champagne et des vins, avec Moët & Chandon bénéficiant d’une visibilité mondiale accrue lors d’événements prestigieux comme la Formule 1 et l’US Open.
Reprise séquentielle par zone géographique
Sur le plan géographique, les résultats confirment un schéma d’amélioration séquentielle au-delà de ce que la base de comparaison laissait prévoir. L’Asie hors Japon a progressé de +2% (contre un consensus à -3,6%), portée par une reprise de la demande locale en Chine. Les États-Unis ont enregistré une amélioration à +3 %, contre une croissance au point mort au deuxième trimestre, les consommateurs américains retrouvant progressivement leurs habitudes de dépense dans le luxe. Le Japon, en revanche, reste en recul de -13%, pénalisé par une base de comparaison très élevée liée à la forte affluence touristique de l’an dernier, alors que l’Europe se montre stable, dans un contexte de normalisation post-pandémique.
Renouveau créatif et dynamique future
LVMH s’engage dans un profond renouvellement créatif au sein de ses Maisons phares, illustrant son attachement à l’innovation et à la direction artistique. Plusieurs nominations marquent ce tournant : Maria Grazia Chiuri devient Directrice Artistique de Fendi, où elle présentera sa première collection à Milan en février prochain. Chez Dior, Jonathan Anderson prend la direction des lignes Homme et Femme, promettant un nouvel élan artistique pour la marque. Celine a nommé Michael Rider, tandis que Loewe accueille Jack McCollough et Lazaro Hernandez, ouvrant ainsi de nouveaux chapitres audacieux pour ces Maisons emblématiques. Ces transitions créatives s’inscrivent dans la perspective de lancements de produits majeurs à venir, apportant un regain d’élan à l’ensemble du portefeuille.
Perspectives du management – Optimisme prudent
La direction demeure confiante dans les perspectives de long terme du groupe, adoptant une posture d’optimisme prudent pour l’année à venir. Des comparaisons plus favorables et une série de lancements importants — Celine en novembre, Dior Homme en janvier, Dior Femme au second semestre — devraient soutenir la dynamique. LVMH poursuit également ses initiatives de marque à fort impact expérientiel, à l’image du point de vente en forme de navire “The Louis” à Shanghai, devenu un vaisseau amiral mondial en matière d’engagement et de visibilité client.
Positionnement stratégique – Consolider notre conviction
Après une période de sous-performance du titre dans un contexte compliqué pour le secteur du luxe, nous avons progressivement renforcé notre exposition à LVMH ces derniers mois. Fin septembre 2025, le groupe figurait à nouveau parmi nos 10 principales positions, une première depuis près de deux ans. Ce choix reflète notre conviction que l’érosion des attentes de ventes et de marges touche à sa fin, et que les niveaux de valorisation sont redevenus attractifs, les ratios de PER se situant nettement en dessous de leurs moyennes sur dix ans. LVMH bénéficie d’un bilan solide, d’une forte génération de trésorerie et d’un capital de marque durable, ce qui en fait une pierre angulaire structurelle de notre allocation à long terme dans le luxe.
Thèse structurelle sur le luxe inchangée
Au cours des deux dernières années, le secteur du luxe a traversé une phase de normalisation après les sommets post-COVID, freinée par un environnement macroéconomique difficile — inflation, taux d’intérêt élevés et confiance chinoise en berne. La publication des ventes du troisième trimestre 2025 de LVMH, bien que n’ayant pas encore retrouvé ses rythmes historiques, pourrait marquer le début de la sortie du tunnel pour le groupe, voire pour l’ensemble du secteur. La reprise du luxe devrait rester progressive et hétérogène, mais les marques les mieux positionnées, conjuguant innovation continue et désirabilité, devraient renouer avec une trajectoire de croissance rentable,impliquant levier opérationnel, accélération des bénéfices et création de valeur pour les actionnaires.







