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La thématique de diversification géographique, avec en première zone l’Asie (Japon, Chine, Vietnam), devrait fournir la meilleure performance ces prochains trimestres, selon Pictet AM. La gestion active est une bonne idée pour investir en Europe et dans les valeurs de l’IA, avec la robotique en tout premier choix. Les marchés « frontières » offrent encore de la valeur selon Pictet AM.

Imperturbable, et malgré les écueils de la géopolitique, la croissance mondiale maintient son cap, tirée par les États-Unis et les pays émergents. Les bénéfices des entreprises poursuivent leur progression, avec déjà des gains de productivité fournis par l’intelligence artificielle. Les politiques monétaires restent accommodantes, même si le cycle de baisse des taux touche tout doucement à son terme.

En Bourse, si les hedge funds restent des initiateurs des tendances incontournables, pesant jusqu’à 22 % des volumes en actions, les particuliers américains sont aussi de plus en plus présents et « jouent » du levier à travers les ETF, dans une utilisation qui a pratiquement triplé depuis 2021…

En Europe, le stimulus mis en place par l’Allemagne fournira ses premiers effets au cours du second semestre, avec une croissance qui oscillera autour de 1,5 %.

Avec l’espoir d’un réveil stratégique, l’Europe, dotée de valorisations attrayantes, peut offrir quelques opportunités dans les actions, mais en appliquant de la sélectivité dans les choix.

Même avec le constat qu’entre 2019 et 2024, la productivité cumulée a augmenté de 9,7 % aux États-Unis contre 2,4 % en Europe. Une divergence qui se confirme, s’accélère et se généralise.

L’Asie s’émancipe

Une nouvelle mégatendance prend son envol. « L’Asie achète l’Asie », un phénomène qui se développe en même temps qu’une émancipation vis-à-vis de l’Occident dans le domaine du commerce mondial. L’Asie cherche aussi à se libérer du dollar américain en augmentant l’utilisation de ses propres monnaies. Conséquence : le PIB de l’Asie s’accélère dans le concert mondial, avec l’Inde, le Japon et la Chine en tête de pont.

Un réveil que manifeste l’évolution de l’indice Nikkei, sorti en 2025 d’une longue léthargie brisée par le dépassement du seuil des 40 000, niveau record de l’indice depuis… 1989, plafond qui avait été atteint dans un contexte de bulle à la fin des années 80.

2026 : année robotique

Le changement de mentalité des managers d’entreprise n’est pas étranger au parcours du Nikkei. Les rachats d’actions ont pratiquement doublé ces dernières années, avec l’utilisation des montagnes de liquidités amassées au fil du temps par les entreprises nippones.

Autre phénomène qui a soutenu la hausse : le dynamisme retrouvé des transactions de fusion-acquisition, qui ont explosé. Un cocktail détonant qui a boosté l’indice de près de 50 % en moins de 12 mois.

Alors que la robotique est annoncée comme la prochaine grande étape de l’IA, la Chine semble disposer d’une longueur d’avance qui va profiter à sa croissance. 2026 sera l’année de la robotique, annonce Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM.

Mais la robotique ne sera pas l’unique fournisseur de croissance pour la Chine. Des entreprises chinoises commencent à intégrer le créneau du luxe et même à faire de l’ombre aux leaders occidentaux. Laopu Gold, entreprise chinoise devenue emblématique et qui joue sur la fibre nationaliste dans l’Empire du Milieu, affiche une progression de plus de 130 % en Bourse en une dizaine de mois, renvoyant loin derrière l’européen Hermès… en baisse de plus de 10 % sur la même période (à fin janvier).

La Chine, mais dans une autre voie…

Christopher Dembik met cependant un bémol à l’achat d’entreprises chinoises en Bourse. Car l’interventionnisme de l’État peut être aussi inattendu que dévastateur. Avec l’exemple récent de Trip.com, une belle « success story » chinoise qui a probablement un peu trop dérangé les autorités. Il y a quelques années, Jack Ma, le patron chinois d’Alibaba, avait lui aussi dû baisser pavillon après un ferme rappel à l’ordre des autorités chinoises.

Face à cette inconnue, investir dans un indice n’est peut-être pas la meilleure idée. « La technique du long/short via un fonds est plus appropriée pour investir dans les actions chinoises », suggère Christopher Dembik.

Un peu plus au sud, le Vietnam, plongé dans ses réformes économiques, est en plein boom et est nommé comme un bon élève par Christopher Dembik. Un marché boursier moins volatil que dans l’imagination de nombreux investisseurs et aussi moins dépendant des performances du dollar, contrairement à quelques autres marchés frontières.

Autre idée : le marché roumain qui, après une hausse fulgurante de 91 % en dollar en 2025 (meilleure performance des marchés en dollar), n’apparaît pas encore chèrement valorisé. Des marchés souvent négligés aux multiples opportunités, comme en obligations locales.

Justement, les investisseurs à la recherche de rendement fixe peuvent profiter des rendements supérieurs encore fournis par ces obligations émergentes à 10 ans en devises locales.

Exemple : bénéficiant d’un environnement solide, les obligations brésiliennes à 10 ans, en réal, offrent un rendement réel de 10 %. En Colombie, toujours en devise locale (peso colombien), ce rendement reste encore supérieur à 9 %… alors qu’à l’autre bout de la chaîne des rendements, la Suisse paie un rendement réel négatif de 0,5 %.

Une stratégie comme Pictet – Emerging Local Currency Debt est plus appropriée pour optimiser la diversification.

Sans oublier que la baisse du dollar allège le service de la dette de ces pays émergents et encourage les mouvements vers la zone émergente.

Des taux d’intérêt encore à la baisse et une explosion de produits numériques issus de l’intelligence artificielle sont d’autres moteurs capables de pousser plus haut les marchés émergents.

Solaire, plateformes, métaux précieux, dollar…

Dans le domaine énergétique, le solaire s’impose comme l’énergie la moins chère, avec l’utilisation de batteries de plus en plus efficaces. Un coût total de 33 $ le mégawattheure, actuellement imbattable.

Les perspectives bénéficiaires des valeurs de l’IA, dans leur grande moyenne, seront toujours robustes et supérieures aux autres valeurs en termes de croissance trimestrielle des bénéfices par action.

Cependant, certaines valorisations de la tech américaine apparaissent un peu excessives et la versatilité de la politique de Donald Trump a encouragé certains flux à se rediriger vers les actions européennes au détriment des États-Unis.

Dans l’investissement « intelligence artificielle », le choix de Christopher Dembik s’oriente de préférence vers les plateformes, souvent rentables et disposant de trésorerie.

Amazon, avec le succès de ses services de cloud, celui de sa nouvelle puce Trainium3 qui réduit ses frais de fonctionnement, et avec la publicité en constante progression qui devient de plus en plus un second moteur de profit, voit les marges de sa plateforme devenir de plus en plus solides et est citée comme l’action préférée parmi les Sept Magnifiques.

Le secteur des semi-conducteurs est un peu plus piégeux… avec des fonds spéculatifs qui affichent à fin janvier des niveaux record d’investissement dans ce secteur et ne sont pas réputés être des investisseurs à long terme…

Avec un poids encore inférieur à 20 % dans les réserves de change des banques centrales dans le monde, l’or garde le vent dans le dos, avec la poursuite de la dédollarisation.

Garder l’œil ouvert

Cependant, des risques subsistent et garder l’œil ouvert, attentif, est nécessaire. L’effet de levier entretenu par les particuliers mais aussi par des hedge funds, ajouté au carry trade en yen, peut être un couteau à double tranchant si les marchés donnent des signes de faiblesse.

Tout comme l’imprévisibilité de l’administration Trump. Aux États-Unis, le crédit privé américain à des sommets et l’intégration des crypto-monnaies dans la finance peuvent aussi se transformer en risque pour les marchés.

Enfin, le dollar risque de poursuivre son mouvement de baisse, mais de manière moins prononcée, et les métaux précieux restent dans un supercycle, bénéficiant à présent d’achats d’institutionnels qui ne détiendraient que 3 % d’encours… (contre un pic de 13 % dans le passé).

En général, le contexte de croissance mondiale résiliente, soutenue par des politiques monétaires accommodantes, des bénéfices d’entreprises solides et la dynamique durable de l’intelligence artificielle, est favorable aux actifs risqués.

Daniel Pechon

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