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Grégoire Kounowski, Head of Advisory chez Norman K.

L’opération conjointe menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran marque un tournant dans l’intensité du conflit et accroît les risques de déstabilisation régionale. La brusque escalade militaire observée au Moyen-Orient ce week-end ravive les tensions sur les marchés financiers. Israël a lancé une nouvelle vague de frappes sur Téhéran dimanche, tandis que l’Iran a répliqué par des barrages de missiles, au lendemain de l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei. Les investisseurs redoutent notamment des perturbations de production dans plusieurs pays producteurs d’énergie, ce qui alimente les inquiétudes sur l’approvisionnement mondial.

Dès l’ouverture des marchés asiatiques puis européens, la réaction a été immédiate. Les flux se sont dirigés vers les valeurs refuges : l’or progresse de près de 3% et le dollar américain gagne 0,8%. Dans le même temps, les cours du pétrole bondissent sur fond de craintes d’interruption d’approvisionnement. Les marchés actions subissent une pression baissière : les contrats à terme signalent une ouverture en recul à Wall Street, avec −1,3% attendus pour le Dow Jones et le S&P 500 et −1,6% pour le Nasdaq. Les principales places européennes sont également orientées à la baisse, les futures indiquant un repli de 1,83% pour le Dax à Francfort, de 0,77% pour le FTSE à Londres et de 1,79% pour l’EuroStoxx 50. Les secteurs les plus exposés aux tensions géopolitiques et à la hausse du pétrole, notamment le transport aérien, les segments cycliques et les entreprises fortement tournées vers le commerce international, devraient logiquement enregistrer des replis plus marqués.

Ce type d’événement géopolitique n’est toutefois pas inédit. Les attentats du 11 septembre, la guerre en Ukraine, la guerre commerciale sino-américaine ou encore la crise du Covid-19 ont tous provoqué des épisodes de forte volatilité. À chaque fois, les marchés ont connu une phase de tension aiguë à court terme avant d’entamer un mouvement de normalisation. Historiquement, les indices actions ont fini par retrouver leurs niveaux antérieurs. La volatilité est réelle, mais elle demeure généralement transitoire.

Dans ce contexte, nos portefeuilles présentent des caractéristiques défensives destinées à amortir ce type de choc. La diversification joue pleinement son rôle, avec une exposition aux actifs refuges tels que le dollar américain, les obligations et l’or, tous orientés à la hausse à ce stade. Les positions tactiques sur le pétrole bénéficient également du rebond des cours. Par ailleurs, nos solutions structurées intègrent des barrières de protection comprises entre 40% et 50% à la baisse, offrant un coussin significatif face à une correction modérée des marchés. L’exposition au secteur de la défense, renforcée ces derniers mois, constitue également un soutien dans ce contexte, tandis que les positions en cryptoactifs demeurent globalement stables. L’architecture prudente et diversifiée de nos allocations devrait ainsi permettre une résilience satisfaisante durant cette phase de stress.

À court terme, les marchés actions pourraient rester sous pression si la situation venait à s’aggraver. Notre stratégie repose toutefois sur une discipline constante et un opportunisme mesuré. Les chocs géopolitiques suscitent souvent des réactions rapides et parfois excessives, mais l’histoire montre que les marchés finissent par absorber ces événements. En cas de correction significative, nous serons prêts à renforcer progressivement les expositions actions, comme lors des précédents épisodes de tension. Nous privilégions une mise en œuvre adaptée à un environnement volatil avec des renforcements progressifs plutôt que des interventions massives. La séquence actuelle illustre une nouvelle fois la sensibilité des marchés aux chocs géopolitiques. Si la volatilité peut s’intensifier à court terme, l’expérience montre que ces phases restent passagères et constituent souvent des points d’entrée attractifs pour les investisseurs disciplinés. Grâce à des portefeuilles diversifiés, défensifs et tactiquement exposés aux actifs refuges, nous abordons cette période avec prudence, tout en conservant la capacité d’agir si des opportunités se présentent.

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