Les entreprises européennes de taille moyenne font preuve de résilience et continuent à regarder vers l’avenir, malgré un mélange complexe de défis économiques et géopolitiques. C’est ce qui ressort de la dernière édition de l’International Business Report (IBR) de Grant Thornton, une vaste enquête menée auprès de plus de 4 000 entreprises dans le monde.
Pression conjoncturelle, mais la confiance tient bon

Leslie Van den Branden
« Le fait que la confiance des entrepreneurs européens reste relativement stable, malgré un cocktail d’incertitudes – des tensions géopolitiques aux menaces de barrières commerciales – montre que de nombreuses entreprises ont appris à évoluer dans un contexte imprévisible », déclare Leslie Van den Branden, Managing Partner de Grant Thornton Belgium. Dans le segment des entreprises de taille intermédiaire, on observe une prise de conscience croissante : l’agilité et la capacité à penser en scénarios ne sont plus des luxes, mais des nécessités. Les entreprises continuent d’investir, mais avec plus de discernement, de prudence, et dans une optique de résilience structurelle à long terme. »
Inquiétudes liées à la géopolitique et à la volatilité économique
Cela dit, les préoccupations restent présentes. Près de la moitié des entreprises européennes interrogées (47 %) considèrent l’instabilité économique comme un frein à la croissance. Par ailleurs, 44 % voient dans les tensions géopolitiques une menace pour leurs activités, même si ce chiffre reste légèrement inférieur à la moyenne mondiale, qui s’élève à 53 %.
Reprise prudente des attentes à l’exportation
Un point marquant est l’optimisme croissant en matière d’exportation. La proportion d’entreprises européennes anticipant une hausse de leurs exportations passe de 43 % à 45 %. De plus, la part des entreprises envisageant d’explorer de nouveaux marchés internationaux reste stable autour de 40 %. Malgré les incertitudes sur les politiques commerciales futures, ces chiffres traduisent un optimisme mesuré.
Transformation numérique et développement des talents au cœur des priorités
La digitalisation reste une priorité stratégique. Ainsi, 57 % des entreprises européennes prévoient d’accroître leurs investissements dans les technologies de l’information. Près de la moitié (47 %) souhaitent intensifier les formations et le développement des compétences, tandis que 45 % comptent embaucher. Toutefois, la pénurie de profils qualifiés s’intensifie : 48 % des entreprises rencontrent des difficultés à trouver les talents adéquats.
Rebond de la R&D et accent renforcé sur la durabilité
Après un recul en début d’année, la part des entreprises investissant en recherche et développement remonte à 51 %. Parallèlement, l’intérêt pour la durabilité s’intensifie : 49 % prévoient de consacrer davantage de ressources aux initiatives ESG. Selon Van den Branden, on assiste à un changement de paradigme : la conformité ne suffit plus, il s’agit désormais de générer une valeur stratégique.
« Nous constatons que les entreprises orientent leurs budgets de durabilité avec davantage de précision », explique Leslie Van den Branden. « Il ne s’agit plus uniquement de conformité, mais d’impact concret et de création de valeur à long terme. »
La menace cyber prend de l’ampleur
Enfin, une tendance préoccupante émerge : 45 % des entreprises s’attendent à être confrontées à des incidents numériques dans l’année à venir — une hausse de trois points par rapport au trimestre précédent. La résilience numérique devient une priorité urgente.







