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« Nous nous sommes éloignés de la récession qui composait la principale et plus forte crainte des marchés de ce début d’année, » estime David Kruk, responsable du Trading desk / intermédiation chez La Financière de l’Échiquier (LFDE), dans son dernier point et à l’écoute des derniers bruits de marchés.

Mais la puissance et la vitesse d’un rebond qui était aussi inattendu, entamé début avril, a suscité beaucoup de questions. Le trader de LFDE reste épaté par le comportement et la résilience des investisseurs particuliers aux Etats-Unis. « Ces épargnants n’ont jamais perdu confiance. Ils ont été présent à l’achat à chacun des creux du marché. A nouveau, ils ont été des acteurs actifs du dernier rebond. »

Avec et grâce à leur impulsion, ces investisseurs ont fourni de la puissance et de la durée à ce rebond. Une statistique révèle que ces investisseurs particuliers ont pesé, en mai, jusqu’à 36 % dans les volumes de transaction sur les actions et confirment encore un peu plus qu’ils sont des acteurs actifs à chaque rebond qui a suivi des creux du marché ces derniers trimestres. La puissance et la vitesse du dernier rebond ont, cependant, dû surprendre plus d’un hedge fund. Ils étaient majoritairement positionnés en vendeurs à découvert avec la perspective et les craintes d’une récession. A noter que Goldman Sachs a réévalué la croissance américaine de 0,5 à 1 %, elle s’est accompagnée d’une remontée de la cible du S&P 500 à 6500 par la banque américaine.

Dans les volumes acheteurs du marché, il est important de tenir compte de la présence des entreprises. Celle-ci reste importante dans les rachats de leurs propres actions aux Etats-Unis, évalués à un trillion de dollars.

Déficit américain, la pierre dans le soulier

Selon l’étude périodique réalisée auprès des managers à l’initiative de Bank of America, la guerre tarifaire reste à 62 % le premier souci de ces décideurs contre 15 % pour l’inflation. Cependant, la baisse des impôts décidée par l’équipe de Donald Trump devrait s’élever à près de 5 trillons de dollars sur 10 ans. Cette somme devra être financée malgré un déficit déjà excessif. Le déficit américain risque de revenir progressivement au cœur des inquiétudes des opérateurs de marché. Les taxes levées par les tarifs douaniers devraient contribuer aux futures recettes mais ne représenteraient timidement que la moitié du montant de ces nouvelles baisses d’impôt envisagées. Sauf si la croissance venait à voler à 3 %… mais les derniers chiffres économiques ne vont pas dans ce sens. Même si les surprises positives des dernières publications économiques sont sur le remonte-pente.

Concernant le marché obligataire, c’est principalement la vélocité de la hausse des rendements qui inquiète davantage que le niveau. Le 30 ans a repassé le niveau symbolique de 5 % et les 10 ans oscillent autour des 4,5 %. A noter que les investisseurs privés américains, très actifs sur les actions, sont absents du marché obligataire.

L’Europe est de retour

Alors que les Etats-Unis doivent composer avec un président imprévisible, l’Europe, plus stable, a fini par devenir la préférence des brokers. Une bonne nouvelle qui s’est accompagnée par l’assèchement des flux sortants des marchés sur le vieux contient, depuis le début de l’année. « Je suis d’avis de partager équitablement les investissements en actions entre les Etats-Unis et l’Europe. Le même raisonnement s’applique au partage entre grandes et petites capitalisations ; ces dernières pouvant sonner leur retour. Aussi, n’est-il pas trop tard de reconsidérer la place de ces petites capitalisations dans un portefeuille, des deux côtés de l’Atlantique.

Enfin, il semble que de nombreux intervenants institutionnels aient manqué le dernier rebond et ne semblent pas tous encore remontés dans le train…

Daniel Pechon

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