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Marc Terras, Directeur de la Gestion en Architecture Ouverte Rothschild & Co Asset Management.

Alors que la planète reste traversée par des tensions géopolitiques persistantes, les marchés financiers continuent d’afficher une santé étonnamment robuste. Portés par la vigueur de l’économie américaine et par l’espoir d’un cycle de baisse des taux initié par la Réserve fédérale, les principaux indices boursiers mondiaux ont atteint de nouveaux sommets au troisième trimestre 2025.

Une économie mondiale plus résiliente que prévu

Contre toute attente, l’économie mondiale a mieux résisté au durcissement des conditions commerciales et monétaires. Selon le FMI, la croissance du PIB mondial au premier trimestre a dépassé de 0,3 point les prévisions d’avril 2025, portée par un regain du commerce international et un dollar en repli, favorable aux économies émergentes lourdement endettées en devise américaine. Cette résilience a conduit de nombreux instituts à revoir légèrement à la hausse leurs perspectives, même si les performances demeurent inférieures à celles de 2024.

Aux États-Unis, la dynamique économique a surpris par sa vigueur, stimulée par les investissements dans l’intelligence artificielle et la bonne tenue des exportations. Malgré une inflation repartie à la hausse, la Fed a choisi de réduire ses taux directeurs de 25 points de base en septembre, signe d’une volonté de soutenir l’activité sans relancer les tensions sur les prix. En Europe, la Banque centrale européenne a marqué une pause après huit baisses consécutives, jugeant le taux de dépôt à 2 % comme « neutre » pour l’économie, tandis que la croissance reste fragile face à la concurrence chinoise et aux incertitudes politiques.

Les marchés actions en ordre de marche

L’indice MSCI World a clôturé le trimestre presque à son record historique, en hausse de près de 7 %. Les géants technologiques américains, portés par l’essor de l’intelligence artificielle, continuent de tirer les marchés, le Nasdaq enregistrant un bond de plus de 11 % sur le trimestre. Le S&P 500 a également bénéficié d’un afflux massif de capitaux, traduisant l’appétit croissant des investisseurs pour les actifs risqués. En revanche, les actions européennes ont sous-performé, freinées par la montée des taux et la dégradation de la note souveraine française.

Un optimisme prudent pour la fin d’année

Pour le quatrième trimestre, les gérants de Rothschild & Co maintiennent une position prudente. Si le climat reste favorable aux actions, la firme prône une diversification géographique et sectorielle afin de limiter l’exposition aux risques liés à la surévaluation de certaines valeurs technologiques et à la volatilité politique. La banque souligne également la fragilité juridique des nouveaux accords commerciaux américains et la montée d’un risque politique intérieur aux États-Unis, alimenté par la dérive autoritaire de l’administration Trump.

Les marchés obligataires et le crédit : entre détente et vigilance

Les obligations mondiales ont progressé de 0,6 % sur le trimestre, profitant de la détente des rendements à long terme américains. En revanche, en Europe, les taux souverains restent élevés, reflétant les besoins de financement public. Sur le marché du crédit, les spreads se sont resserrés à des niveaux historiquement bas, soutenus par la solidité des fondamentaux. Les investisseurs continuent néanmoins de privilégier la liquidité, dans l’attente de nouvelles opportunités liées aux ajustements de politique monétaire.

En conclusion

Malgré un environnement mondial complexe, les marchés financiers ont fait preuve d’une remarquable résistance. Entre l’espoir d’une reprise monétaire et la montée des risques géopolitiques, la prudence reste de mise. Pour les prochains mois, les investisseurs devront naviguer entre la promesse d’un cycle haussier prolongé et les signaux de vulnérabilité d’un équilibre économique encore fragile.

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