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Dans un point presse, ODDO BHF AM a dressé un état des marchés actions et les conséquences de la muraille douanière imposé par Donald Trump qui a semé le chaos dans les marchés et le pessimisme chez les investisseurs passé au plus haut de plusieurs années.

Le sentiment des investisseurs particuliers a atteint un sommet dans le pessimisme dans la première semaine d’avril. En effet, l’indicateur calculé par l’AAII (American Association Individual Investors) et collecté chaque semaine auprès de ses adhérents, est un baromètre qui mesure le sentiment des investisseurs en actions. Le sentiment baissier, qui se définit comme l’anticipation d’une baisse des cours des actions au cours des six prochains mois, a augmenté de 9,8 % pour atteindre 61,9 % dans cette première semaine d’avril (moyenne historique 31 %). Le plus haut niveau en plusieurs années. Les tarifs douaniers annoncés par le président Donald Trump, a poussé à un record de pessimisme chez les investisseurs américains (attention, cet indicateur est utilisé dans l’analyse comportementale aussi comme un indicateur contrariant pour l’investissement en bourse).

Les économistes ont aussi révisé leurs perspectives de croissance vers le bas. Selon les estimations livrées par Maxime Dupuis, Adjoint au Directeur des Investissements ODDO BHF, l’impact d’un droit de douane de 20 % sur les importations européennes vers les Etats-Unis réduira en zone euro la croissance du PIB de 0,8 % (de 0,2 % pour l’Espagne à 0,9 % pour l’Allemagne). Aux Etats-Unis, les risques de récession sont rehaussés, estimés à 45 % par Goldman Sachs et même à 60 % selon Jamie Dimon, le PDG depuis 2005 de JPMorgan, l’institution qui capitalise 4 000 milliards de dollars d’actif en gestion. Et la croissance des bénéfices par actions, attendus en croissance de 12,3 % cette année aux Etats-Unis, a été un peu plus que coupée en deux par les derniers analystes, à 5,3 % pour le MSCI US, contre 12,3 % en début d’année.

Maxime Dupuis, Adjoint au Directeur des Investissements ODDO BHF AM.

Les marchés n’intègrent pas le scénario de récession

Et si le scénario de récession devait se rapprocher, les valorisations des actions sont loin d’en tenir compte. En effet, le PE price/earning (rapport cours/bénéfice moyen) de l’Eurostoxx 600, l’indice européen, descendu à moins de sept durant la récession de la crise financière de 2008 et à environ 10 durant celle du covid, navigue actuellement autour de 13. Alors que celui du S&P 500 se traite autour de 19, contre…9 au plus bas durant la crise financière et à moins de 14 au pire de la crise covid.

Depuis le 2 avril, les droits douane annoncés par Donald Trump, ont créé des incertitudes mais aussi des interrogations. Le tarif douanier est en effet appelé une mesure de protection, il est une protection contre les bas prix ironisait l’économiste Milton Friedmann voici quelques années. La crainte d’un retour d’inflation est réapparue.

Selon les experts de chez ODDO BHF AM, aucune capitulation dans le marché actions n’a encore été observée dans les fortes baisses de ce début d’avril, et penchent vers un message de prudence. En général, un mouvement de baisse dans le marché action se termine avec une capitulation des intervenants qui se traduit par un positionnement baissier excessif des investisseurs directionnels et se résume par un paroxysme dans le pessimisme.

Mais dans ce pessimisme, tout n’est pas noir de café et des raisons d’espérer existent aussi : baisse de taux agressive de la Fed, baisse massive d’impôts, déploiement de stimulus fiscaux en Europe et en Chine ou des nouvelles annonces plus favorables de l’imprévisible Donald Trump.

A noter enfin, les secteurs de l’automobile et de l’aérospatiale seront les plus impactés dans l’économie européenne par les mesures douanières.

En Europe, quelques motifs de réjouissance survivent encore, avec l’espoir d’une nouvelle période et des indicateurs PMI qui résistent, l’espoir d’une fin de guerre en Ukraine, le méga plan de relance en Allemagne (Europe) et la BCE qui dispose encore d’une marge d’assouplissement, certes qui se réduit.

Les actions américaines légèrement dégradées

En Chine, le secteur des 7 magnifiques (environ 25 de PE moyen) restent décotées vis-à-vis des 7 magnifiques US (environ 30 de PE moyen) avec un pays plus populeux qui dispose de neuf fois plus d’ingénieurs diplômés en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques.

Les petites capitalisations et les actions japonaises ont été dégradées et ont rejoint le marché américain dans une sous pondération légère lors du dernier Comité d’Investissement de ODDO BHF AM. Les moyennes et grandes capitalisations européennes sont toujours privilégiées. ODDO BHF AM n’est pas le seul à être un peu moins optimiste sur le marché américain. Citi vient aussi de déclasser le S&P 500 avec un objectif réduit de 6500…à 5600, après une mise-à-jour du BPA (bénéfice par action) du S&P 500 passé de 270 à 255 $, JPMorgan est encore plus sévère, amputant son objectif de l’indice à 5200 contre 6500. Pour rappel, JPMorgan estime à 60 % la probabilité de récession aux Etats-Unis.

Cet article a été rédigé le 9 avril dans un contexte économique en pleine évolution. Il est donc possible que certains détails ne soient plus d’actualité.

Daniel Pechon

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