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Christopher Dembik, Senior Investment Strategy Adviser Pictet Asset Management.

Les négociations entre l’Iran et les États-Unis n’avancent pas car Téhéran fait uniquement face à des mauvais choix. 

Le régime iranien n’a aucun intérêt à un conflit de grande ampleur. Il préfèrerait un accord limité centré sur la question nucléaire incluant des concessions réduites concernant les niveaux d’enrichissement d’uranium et les mécanismes de contrôle externes.

Faute d’accord de ce type, Téhéran pourrait chercher à gagner du temps en prolongeant les négociations – comme c’est le cas actuellement –pour retarder ou dissuader une action militaire israélienne et américaine. 

Pourquoi ne pas accepter un abandon du programme nucléaire ? Le régime a bâti toute sa doctrine de dissuasion, et une partie de sa légitimité, sur ce pilier central et l’utilise comme faire-valoir de sa réussite technologique. De même, une limitation de l’arsenal balistique iranien est exclue. Téhéran considère que c’est un outil essentiel pour compenser la supériorité conventionnelle des États-Unis et d’Israël. Cela pourrait exposer le régime à des pressions coercitives ou à une attaque future.

La marge de manœuvre pour négocier est limitée. L’Iran pourrait autoriser des inspections dans ses installations nucléaires sensibles, comme Natanz et Fordow, communiquer officiellement sur le fait que le pays cherche seulement à développer du nucléaire civil, ou signaler des mesures temporaires de transparence. Cela relèverait d’une logique tactique plutôt que de concessions stratégiques et serait, dans tous les cas, très en deçà des attentes de Washington.

En définitive, les concessions iraniennes les plus poussées ne coïncident pas avec les exigences minimales américaines. D’où le risque de plus en plus évident d’un conflit militaire. Ce risque est assumé par Téhéran. Les dirigeants iraniens estiment qu’en cas d’escalade militaire, la pression politique intérieure aux États-Unis à quelques mois des élections de mi-mandat et la réticence connue de Donald Trump à s’engager dans un conflit prolongé pourraient inciter Washington à rechercher une désescalade rapide. En interne, un conflit n’est pas susceptible de fragiliser le régime. Au contraire. Le simple fait d’éviter une défaite décisive, comme ce fut le cas lors de la « guerre des 12 jours » de juin 2025, peut être présenté comme une preuve de résilience stratégique. 

Quelle réaction des marchés ?      

Les tensions sont déjà nombreuses en raison de la spéculation, des algorithmes et des ventes à découvert. Si on ajoute un conflit militaire au Moyen-Orient, la volatilité, qui est déjà anormalement élevée sur les actions, risque de grimper. Même chose pour le pétrole qui est le baromètre du risque géopolitique dans la région. Les investisseurs vont se ruer sur les put pour couvrir leurs positions ou pour profiter de la baisse.

Bonne nouvelle toutefois, la « guerre des 12 jours » a montré que l’effet du risque géopolitique sur les bourses est de courte durée. Prenons le pétrole. En une semaine, le Brent a augmenté de 6%. Le marché intègre déjà dans les prix les conséquences d’un conflit. Est-ce que la hausse peut être durable ? Probablement pas. L’OPEP+ a communiqué il y a quelques jours sur son intention d’augmenter sa production en avril, dans un marché où la demande reste faible. Cela va inexorablement faire baisser les prix. Comme souvent, le risque géopolitique suscite plus de bruit que de mal sur les marchés financiers. 

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