Skip to main content

Les résultats des entreprises américaines vont soutenir la tendance sur les marchés boursiers, avec une rotation hors de la technologie américaine qui devrait se poursuivre.

Avant une pause bien méritée jusqu’à la fin août, David Kruk (Responsable du trading desk chez La Financière de l’Échiquier (LFDE)) et Pierre Puybasset (Porte-parole de la gestion chez LFDE) ont animé, le 25 juin dernier, l’édition estivale de leur webinaire « Au Cœur Des Marchés ». Comme d’habitude, cet exercice a commencé par un retour sur les principaux événements du mois écoulé.

Space X et rebond européen

« Si les marchés ont encore progressé, l’Europe surpassé les Etats-Unis. Laccord de paix entre l’Iran et les États-Unis, même s’il est d’une fragilité absolue, a changé la façon de regarder le marché européen », souligne David Kruk . « Nous avons également assisté à un élargissement du mouvement haussier, avec de bonnes performances des segments qui étaient en retard, aidés notamment par un repli du baril de brut vers les 70 dollars ».

Après plusieurs mois de flux sortant en dehors du marché européen, il souligne que tout était en place pour un rebond des actions européennes. « Les institutionnels étaient devenus très sous-pondérés sur l’Europe, comme l’a récemment encore montré l’étude de Merrill Lynch sur le positionnement des gestionnaires de fonds ».

Durant le reste du mois de juin, l’attention a été focalisée sur l’IPO de SpaceX. « Contrairement à nos craintes du mois passé, cette opération n’a pas cannibalisé les autres flux, notamment grâce aux rachats d’actions qui restent considérables », les estimations tablent actuellement sur des versements aux actionnaires (rachats d’actions et dividendes) qui pourraient atteindre plus de 2.000 milliards de dollars en 2026. « Le volume des titres qui sortent du marché américain reste supérieur au volume des titres entrants ».

Effet richesse

Toujours pour le marché américain, David Kruk souligne également les importantes liquidités qui restent présentes dans les fonds monétaires (7.000 et 8.000 milliards de dollars). « Il y a encore d’importantes réserves disponibles », avec des flux qui continuent d’entrer massivement sur les actions américaines (739 milliards de dollars durant le premier semestre). « Les actions sont aujourd’hui considérées par de nombreux investisseurs américains comme la principale façon de s’enrichir, un effet de richesse dont l’impact est estimé à 0,4% au du PIB américain par Goldman Sachs ».

Au niveau des banques centrales, il estime que la récente hausse du taux directeur de la BCE est « une erreur de politique monétaire dans un contexte où la croissance en Europe est infime et l’inflation n’est pas spécialement élevée. J’espère qu’elle s’arrêtera à une seule révision haussière ».

Warsh pas convaincant

Du côté américain, David Kruk estime que le récent virage de Kevin Warsh doit être pris avec précaution. « Il a repositionné l’inflation comme l’élément central de la politique monétaire américaine pour les prochains mois. Le premier comité de l’ère Warsh a également marqué un tournant, avec une Fed qui risque de moins communiquer vers l’extérieur. Cela pourrait augmenter la volatilité. Je rappelle d’ailleurs que sur les 100 dernières années, l’indice S&P500 s’est systématiquement replié durant les trois mois suivant la nomination d’un nouveau président de la Fed ».

David Kruk estime également que la tonalité d’indépendance donnée par Kevin Warsh pourrait n’être qu’une posture, avec des baisses du taux directeur américain qui pourraient reprendre dès 2027. « Il y a une forte divergence dans les attentes des stratégistes, avec une fourchette de 0 à 3 hausses du taux directeur encore attendues pour 2026. Cette situation , illustre que Kevin Warsh n’a pas convaincu tout le monde ».

Interrogation chinoise

Pour les prochaines semaines, les spécialistes de LFDE estiment qu’il est important de rester attentif à l’économie chinoise, qui continue de montrer des signes de faiblesse inquiétante, et également à la concentration excessive des portefeuilles sur la technologie américaine. Pierre Puybasset constate que « la technologie représente désormais 39% de l’indice S&P500, contre 41% lors de la bulle des dot-com de la fin des années 90. De même, lors de la bulle immobilière japonaise des années 80, les actions nippones représentaient 44% du MSCI World. Nous restons donc sur des niveaux de concentration susceptibles d’effrayer ».

David Kruk estime toutefois que le comportement des marchés reste plutôt rassurant. « J’aime l’euphorie, mais pas l’hystérie. Actuellement, il ne me semble pas qu’il y ait une exubérance irrationnelle sur les marchés, avec des résultats qui sont exceptionnels pour certaines valeurs comme Sandisk ou Micron Technology . Les fondamentaux restent solides sur l’IA et les semi-conducteurs, avec des faiblesses qui sont généralement rachetées ».

Les courtiers américains continuent de tabler sur une poursuite de l’élargissement de la performance vers d’autres secteurs et zones géographiques, et estiment qu’il faut aujourd’hui clôturer la sous-pondération européenne, notamment sur des secteurs comme la consommation (luxe) ou les banques. Pierre Puybasset rappelle que « tous les allocateurs d’actifs savent qu’ils ne peuvent pas être positionnés sur un seul facteur. L’Europe reste intéressante dans cette optique avec une prime de risque attractive et un profil de risque différencié par rapport au marché américain ».

Été tranquille

David Kruk est actuellement convaincu que l’été sera calme sur les actions américaines. « Le catalyseur sera une nouvelle fois les résultats des entreprises, qui vont poursuivre sur leur lancée du premier trimestre. Même si les programmes de rachat d’actions s’arrêteront début juillet, selon moi personne ne se positionnera à la baisse en amont de cette période de résultats. En outre, la volatilité a tendance à baisser durant les mois d’été, ce qui présage la poursuite de la progression des marchés en juillet en en août. Un éventuel rappel à l’ordre pourrait avoir lieu à l’occasion de la réunion des banquiers centraux qui se tiendra à Jackson Hole à la fin août ».

Frédéric Lejoint

Author Frédéric Lejoint

More posts by Frédéric Lejoint

Leave a Reply