Skip to main content

Les fonds ETF séduisent de plus en plus de jeunes investisseurs qui font leurs premiers pas en bourse. Etonnant, la première raison d’investir dans les ETF, n’est pas les frais, selon une étude. Les fonds actifs, même s’ils peuvent être quelques fois moins performants, offrent d’autres avantages.

Créés aux Etats-Unis dans les années 1990, les « ETF », ces fonds répliquant un indice de marché séduisent plus particulièrement les jeunes investisseurs. Une solution simple mais contestée par les fonds gérés activement. Cependant, le marché européen des ETF a connu une forte croissance ces trois dernières années.

Une étude récente du géant de la gestion d’actifs BlackRock, explique que le phénomène s’amplifie. La détention d’ETF (« exchange traded fund », ou fonds indiciel coté), a progressé de 42 % dans toute l’Europe par rapport à l’année dernière (2024).

Le nombre de plans d’épargne en ETF, utilisés par les investisseurs pour atteindre leurs objectifs d’investissement à long terme, devrait quadrupler au cours des cinq prochaines années selon cette étude réalisée dans 15 pays, par le portail investisseur extraETF à la demande de BlackRock.

En Europe, le nombre d’investisseurs est passé de 102 millions en 2022 à 117 millions en 2025, une croissance qui dépasse largement l’adoption de cryptos dans certains pays.

Les détenteurs d’ETF sont souvent jeunes. Un peu plus de la moitié d’entre eux ont moins de 34 ans selon l’étude. Il s’agit souvent de leur premier investissement. Mais cette première décision se fait dans une relative solitude, avec juste quelques informations dénichées en général sur les réseaux sociaux.

Les gérants actifs vont en tomber de leur chaise…

Mais encore plus surprenant et de quoi faire tomber de leur chaise plus d’un gérant de fonds actif, cette décision est prise principalement dans un objectif de diversification, et non de cout que beaucoup s’imaginent. L’excuse du cout est donc une « fake » impression.  Mais il est aussi possible que ces jeunes investisseurs ignorent l’aspect des couts dans leurs premiers investissements…Le désir de dépasser la rentabilité d’un compte d’épargne fait aussi partie de leur motivation d’investir.

La simplicité de l’achat ou de la vente d’un ETF offre du confort à environ un tiers des sondés, une bonne façon de faire un premier pas à investir. Et les frais, nettement inférieurs aux fonds classiques, n’arrivent qu’en 7e position des avantages cités par les sondés.

L’étude prévoit 1,6 millions d’investisseurs supplémentaire uniquement en 2025 (dont 55 % qui feront donc leurs premiers pas en bourse), probablement encouragés par la très bonne tenue des marchés mais aussi sensibilisé par le buzz que déclenche les actions de l’IA de la sphère financière.

C’est en France que le chiffre des investisseurs en ETF affiche la croissance la plus rapide. Mais les investisseurs allemands conservent la tête en étant les plus nombreux à plébisciter les ETF.

Les ETF, fruits de la technologie

Des millions de personnes ont investi pour la première fois parce que les outils numériques ont fait tomber les barrières, qu’il n’est plus nécessaire d’être très riche ou très compétent pour investir.

Trade Republic a surfé sur cette vague avec succès : « nous avons démocratisé l’accès aux marchés financiers pour ceux qui débutent ou souhaitent investir régulièrement et simplement », explique Vincent Grard, Country Manager France chez Trade Republic.

« Avec un coût de 1 euro par transaction : 1 euro par achat et 1 euro par vente, quel que soit le montant de l’ordre, la tarification est simple aux yeux de l’épargnant. L’épargnant peut aussi programmer des achats périodiques et réguliers (semaine, mois, trimestre…) d’un montant fixe (par exemple 100 euros sur un ETF Monde), sans frais de transaction (hors fiscalité TOB). »

Mais selon ODDO, il existe des différences fondamentales entre la gestion d’un ETF et un fonds actif.  Comme celle de la gestion du risque en cas de marché turbulent où le gérant d’un fond actif peut adapter à tous moments, son portefeuille pour limiter la baisse ou orienter des ventes devenues nécessaires vers des actifs choisis qui offrent une meilleure liquidité.

En effet, lors d’une baisse accélérée des marchés, la liquidité peut faire défaut. Et une vente automatique d’un actif d’un ETF, dont le fonctionnement suit une mécanique, se fera au hasard du marché…avec un prix d’exécution très aléatoire dans un environnement pris de panique dans la baisse.

Le gérant peut aussi accommoder son portefeuille (stop/loss, etc…) et mieux amoindrir l’impact de la baisse sur la valeur du portefeuille.

Autre exemple, il est possible de mieux anticiper les dégradations financières de certains émetteurs dans le monde de crédit, sans attendre la catastrophe avant de vendre. Alors que les ETF sont obligés de suivre aveuglément les indices, mis-à-jour que périodiquement.

Puis l’aspect ESG peut-être mieux adapté, être plus sophistiqué et mis-à-jour dans un portefeuille, avec le doigté d’un gérant actif. Manœuvre qui ne peut être effectuer dans un ETF trop mécanique, ajoute-t-on judicieusement les spécialistes de chez ODDO.

Les fonds qui investissent sur les taux battent plus souvent les ETF

Didier Bouvignies, Associé-Gérant, Directeur des gestions, Rothschild & Co Asset Management souligne un point important. Les ETF ne sont pas toujours souverain Les gérants actifs dans le monde des taux réalisent fréquemment de meilleures performances que les ETF, ce qui n’est pas le cas de la classe actions.

Le gérant cite deux raisons majeures. En effet la gestion des taux est composée d’un nombre multiple de choix ; plus profonds, plus larges. Le monde des taux est plus hétéroclite, plus divers.  Le gérant peut dénicher des poches de rendement dans un marché en perpétuel mouvement, des poches quelques fois absentes des indices souvent très généraliste (comme un nouvel émetteur ou moins connu). Les ETF sont cantonnés  à répliquer un indice statique. Et l’appétence pour les produits ETF portant sur les taux est plus faible confirme le spécialiste de chez Rothschild & Co Asset Management.

A noter, du côté des actions aux Etats-Unis, la fiscalité ne favorise pas les fonds actifs car ils sont soumis aux taxes sur la plus-values réalisées en cas d’arbitrage. 

« Mais si les frais internes sont plus élevés dans les fonds gérés activement, c’est parce que le gérant doit aussi rémunérer les réseaux de distribution à hauteur d’environ 50 % du montant de ces frais.

Cependant, l’investisseur qui paie ces frais peut tirer un avantage substantiel de cet intermédiaire, qui peut le conseiller mais surtout lui éviter de faire des erreurs. Par exemple, l’empêcher de vendre trop tôt, car la tentation est forte quand il y a une plus-value. » Warren Buffet s’en amusé dans une de ses citations d’« arroser les mauvaises herbes et arracher les fleurs. »

Un conseiller en investissement peut ici épauler et mettre l’accent sur l’importance de conserver les investissements gagnants.  Les jeunes investisseurs sont souvent pressés de vendre, souvent prématurément, leurs positions gagnantes. Avec souvent un objectif de 10 % de gain, limitant ainsi leur potentiel de croissance à long terme. Et en revanche, de ne pas de se défaire des investissements perdants (les mauvaises herbes). Souvent par erreur, Ils s’accrochent tenacement aux entreprises peu performantes ou décevantes, espérant un retournement de situation, et vont parfois jusqu’à renforcer leur position (en « arrosant » la mauvaise herbe).

Et Didier Bouvignies d’ajouter : « Et quand les marchés chutent, l’émotion prend le dessus. Le jeune investisseur  risque de vendre dans un atmosphère de panique. Bien souvent, selon les statistiques, il vend proche des plus bas. La présence d’un conseiller peut éviter de telles erreurs.

« D’ailleurs la gestion indicielle a pris son envol dans les années 98/99 », explique Didier Bouvignies, « avant que la douleur du krach internet détruise les plus beaux espoirs de ces jeunes investisseurs qui étaient sans parachute. L’investisseur peut aussi bénéficier d’un conseil sur la fiscalité de ses investissements. Un autre aspect oublié. »

Et les fonds orientés multi assets, patrimoniaux, obligataire/revenus fixes, peuvent aussi faire varier leurs allocations, en fonction de la météo.

Pour Stéphane Van Tilborg, Country Head Benelux chez LFDE, les ETF sont emprisonnés dans une gestion constante et n’offrent aucune surprise.

« Avec les ETF, il n’existe aucune surprise. Ils suivent l’évolution des marchés, il n’y a pas d’alpha. Un gérant peut surpondérer des convictions, s’adapter en s’exposant plus au risque ou en le baissant au fil de son analyse. Exemple, notre fonds Echiquier Worlds comptait seulement 19 positions il y a quelques semaines, offrant plus de poids aux plus fortes convictions. Et il faut éviter de juger un gérant sur une année, mais considérer une période plus longue. Les fonds Mid-caps sont souvent plus performants que les ETF car il est plus aisé de se démarquer pour un gérant avec des choix plus divers et variés, des valeurs moins suivies (à cause d’un marché plus vaste) ou trop petites par les analystes. La gestion active peut dénicher plus d’opportunités rémunératrices dans les small/Mid. Puis un investisseur, su un même thème, peut opter pour un gérant qui offre une prise de risque plus faible ou plus élevée. »

Daniel Pechon

Author Daniel Pechon

More posts by Daniel Pechon

Leave a Reply