Skip to main content

Christopher Dembik, Senior Investment Strategy Adviser Pictet Asset Management.

Depuis le début de la guerre, le prix du kérosène a flambé de 66%, celui de l’urée de 51%, celui du gaz naturel européen de 34% et celui du charbon de 14%. Dans le même temps, le S&P 500 a augmenté de 1% et le VIX a chuté de 8%. Bien-sûr, il y a encore des déconvenues sur le marché des actions. Le secteur du luxe en est le parfait exemple. Hermès, LVMH, Gucci & Co ont justifié leurs résultats décevants par l’effet de la guerre. Certes, cela a joué. Mais c’est un problème conjoncturel qui cache des difficultés structurelles qui ne vont pas disparaître une fois le conflit terminé. Les consommateurs ne veulent plus acheter un logo imposé à grand renfort de marketing global. D’où la chute de la mode et de la maroquinerie. Heureusement, certains segments résistent : le luxe intemporel incarné par des maisons comme Tiffany et Bulgari, et la beauté et le soin. Cela explique la croissance continue de Sephora. En revanche, il faudra un certain temps avant que le secteur, dans son ensemble, se redresse. Patience.

Preuve que les investisseurs en actions ne prêtent plus trop attention au conflit au Moyen-Orient, les indices qui ont les plus soufferts ont fortement rebondi depuis quinze jours. Depuis le début du mois, le Kospi sud-coréen a progressé de 22%. Comment l’expliquer ? L’indice est essentiellement composé d’entreprises exportatrices qui tirent leur épingle du jeu dans le contexte actuel. Il suffit de regarder les termes de l’échange de la Corée. L’indice des prix à l’exportation a augmenté de 28,7% sur un an, porté par la hausse des prix des puces électroniques et des exportations de produits raffinés (diesel, carburéacteur, etc.). À l’inverse, les importateurs souffrent…mais ils représentent un poids mineur dans la composition de l’indice.

À surveiller

Tant que le VIX reste sous le seuil des 20, qu’il a cassé la semaine dernière, nous pensons que la dynamique de marché devrait rester positive. Par ailleurs, nous doutons que le conflit au Moyen-Orient revienne sur le devant de la scène boursière. Après une période initiale de panique, les investisseurs semblent avoir compris que le rebond de l’inflation est transitoire et ne devrait pas entraîner un durcissement des conditions financières mondiales. Pour preuve, le SOFR (Secured Overnight Financing Rate), qui est le taux de référence clé du système financier américain, a atteint la semaine passée un point bas depuis 2022, autour de 3,59%, en raison d’une amélioration de la liquidité sur les marchés et d’anticipations que la banque centrale américaine ne va finalement pas augmenter les taux.

L’avez-vous lu ?

À partir de mai, la Chine n’exporte plus d’acide sulfurique, à l’exception de l’acide de qualité électronique. Cela implique que ni l’acide issu des fonderies ni l’acide sulfurique industriel ne pourront être exportés. Malheureusement, c’est un ingrédient essentiel pour les engrais, les batteries automobiles, le raffinage du pétrole et l’industrie chimique.

Et la Chine n’est pas un acteur mineur ! Le pays a exporté 4,6 millions de tonnes l’an dernier, essentiellement vers le Chili, l’Indonésie, le Maroc, l’Arabie Saoudite et l’Inde. Avant cette annonce, la Chine avait déjà décidé de fermer les écoutilles avec 50% d’exportations en moins en janvier et en février par rapport à la même période en 2025 (soit seulement 385 000 tonnes).

Pourquoi est-ce une mauvaise nouvelle pour le cuivre ? Dans beaucoup de gisements, le métal n’est pas sous forme de cuivre pur, mais sous forme de minéraux. Il faut donc de l’acide sulfurique pour l’extraire (on parle de « lixiviation »). Du fait de l’interdiction d’exportation de la Chine, les prix du cuivre, qui ont chuté récemment, devraient revenir à la hausse !

Les données sont issues de Bloomberg et Boursorama en date du 16 avril 2026.

EFI

Author EFI

More posts by EFI

Leave a Reply