Engel & Völkers, groupe international actif dans l’immobilier de qualité, publie son point de marché pour le deuxième trimestre. Le marché immobilier résidentiel belge a fait preuve d’une résilience remarquable, malgré les tensions géopolitiques persistantes et l’incertitude économique qui pèse sur l’Europe et l’économie mondiale.
Traditionnellement, le deuxième trimestre est une période durant laquelle de nombreux biens immobiliers sont mis sur le marché, ce qui se traduit par un choix plus large pour les acheteurs. Après un début d’année plutôt lent, le deuxième trimestre 2026 a été bien approvisionné en biens et s’est caractérisé par des acheteurs avertis et des différences marquées entre les catégories de prix et les types de biens.
Un marché favorable aux acheteurs
Le deuxième trimestre a confirmé que le marché belge reste favorable aux acheteurs. Face à une offre importante de biens disponibles, ils ont l’embarras du choix et se montrent de plus en plus sélectifs : ils prennent davantage de temps avant de se décider, comparent minutieusement les biens et négocient les conditions.
Engel & Völkers constate que la prise de décision est devenue plus réfléchie, les biens attractifs continuant toutefois de faire l’objet d’offres relativement rapides. Les offres sont désormais souvent assorties de clauses suspensives, non seulement en matière de financement, mais aussi en ce qui concerne les permis d’urbanisme, la documentation juridique et d’autres conditions administratives. Les clauses de financement sont devenues particulièrement courantes, les acheteurs cherchant à se protéger contre la fluctuation des taux d’intérêt et l’évolution des conditions de crédit, tandis que les clauses administratives témoignent d’une attention accrue portée à l’étude du dossier avant de s’engager dans un achat.
Bien que les acheteurs disposent d’un pouvoir de négociation accru, les prix de l’immobilier résidentiel sont restés remarquablement stables. La majorité des transactions continuent de se conclure au prix demandé ou à un niveau très proche de celui-ci, ce qui démontre que les biens proposés à des prix réalistes continuent de trouver des acheteurs déterminés. Plutôt qu’une correction des valeurs, le marché connaît une évolution vers une tarification plus équilibrée et des décisions d’achat de plus en plus éclairées.
Un segment haut de gamme dynamique
L’une des évolutions les plus notables de ce trimestre a été le regain de dynamisme du marché haut de gamme. Les biens dont le prix dépasse 1 million d’euros ont particulièrement bien résisté, ce qui montre que les acheteurs fortunés restent actifs malgré l’incertitude économique générale.
Contrairement aux segments intermédiaires, le segment haut de gamme est nettement moins sensible aux fluctuations des taux d’intérêt. Les acheteurs recourent moins souvent au crédit immobilier, ce qui leur permet de saisir les opportunités. Les biens haut de gamme ont dépassé les attentes pour le deuxième trimestre, après un démarrage d’année lent.
Le neuf sous pression
Le marché de la construction neuve reste sous pression. La hausse des coûts de construction, la TVA élevée sur les achats de logements neufs, les difficultés de financement et l’incertitude économique persistante continuent de peser tant sur les investisseurs que sur les propriétaires occupants.
Pour de nombreux acheteurs particuliers, les logements neufs sont tout simplement devenus trop chers. La combinaison de coûts de construction élevés et de la TVA rend les programmes immobiliers neufs nettement moins accessibles que les logements existants, d’autant plus que les investisseurs restent prudents dans le contexte économique actuel. Le coût de développement de nouveaux projets continue d’augmenter, ce qui réduit encore davantage l’activité du marché.
En conséquence, de nombreux acheteurs se tournent vers les biens existants, dans lesquels ils perçoivent souvent un meilleur rapport qualité-prix, une plus grande flexibilité tarifaire et une disponibilité immédiate.
Les logements prêts à emménager restent le choix privilégié
La préférence pour les logements prêts à emménager ne cesse de se renforcer. Les acheteurs recherchent de plus en plus des biens ne nécessitant que peu ou pas de travaux de rénovation, ce qui leur permet d’éviter des coûts supplémentaires, des projets de rénovation de longue haleine et l’incertitude.
Les logements économes en énergie et en excellent état sont particulièrement recherchés, ce qui reflète l’importance accordée par les acheteurs au confort, à la prévisibilité des coûts et à la disponibilité immédiate.
La demande en dehors des centres-villes reste forte
Les préférences en matière d’emplacement restent globalement inchangées. La demande de biens immobiliers dans les communes périphériques et semi-rurales continue de dépasser celle des centres-villes. Des emplacements tels que Keerbergen, Sint-Martens-Latem et Woluwe-Saint-Pierre continuent d’afficher de bons résultats, les acheteurs privilégiant l’espace, la qualité de vie et un environnement verdoyant, ainsi qu’une bonne accessibilité vers les grandes villes.
Dans le même temps, les marchés urbains reprennent progressivement de la vigueur. Anvers et Gand, en particulier, ont connu un regain d’activité au cours du deuxième trimestre, ce qui suggère que la confiance dans la vie urbaine revient et pourrait continuer à se renforcer au cours du second semestre.
La côte belge suscite un intérêt international croissant
Une nouvelle tendance intéressante est apparue le long de la côte belge au cours du deuxième trimestre. Pour la première fois, Engel & Völkers a constaté une augmentation notable de l’intérêt des acheteurs américains. Bien que la demande internationale reste relativement limitée par rapport à l’activité nationale, cette attention croissante souligne l’attrait grandissant de la côte belge en tant que destination européenne stable pour le mode de vie et l’investissement.
Reprise des résidences secondaires et des biens d’investissement
Une autre évolution manifeste est la reprise des achats de résidences secondaires. Les acheteurs investissent à nouveau dans des maisons de vacances, ainsi que dans des biens résidentiels destinés à l’investissement à long terme, en particulier en Wallonie.
Cette reprise de l’activité s’explique également par la pression persistante sur le marché locatif belge, où la demande continue de dépasser l’offre. Les investisseurs reconnaissent de plus en plus les opportunités à long terme offertes par l’immobilier résidentiel, même si beaucoup d’entre eux restent patients et suivent de près l’évolution des taux d’intérêt avant de se lancer, afin de maximiser le rendement de leurs investissements.
Cela reflète la confiance croissante des acheteurs disposant d’une solide assise financière, qui considèrent l’immobilier belge comme un actif stable et fiable à long terme malgré l’incertitude économique générale.
Perspectives
Le marché immobilier résidentiel belge semble suivre une trajectoire inverse par rapport à celle de l’année dernière. Alors que 2025 avait connu un premier semestre particulièrement dynamique avant de marquer le pas vers la fin de l’année, 2026 a démarré prudemment. Les tendances observées au cours du deuxième trimestre laissent entrevoir une confiance grandissante et une activité de marché en hausse dans les mois à venir.
Cette résilience est particulièrement remarquable compte tenu des tensions géopolitiques persistantes et de l’incertitude économique générale qui affectent de nombreux marchés internationaux. La Belgique continue de se démarquer par la vigueur de son marché immobilier résidentiel, soutenu par des prix immobiliers stables, une demande soutenue et une activité continue tant dans le segment haut de gamme que dans celui de l’investissement. Bien que les acheteurs soient devenus plus sélectifs et prudents, les fondamentaux restent solides, ce qui renforce la position de l’immobilier belge en tant qu’investissement de confiance à long terme. Nous nous attendons donc à ce que le second semestre 2026 affiche de meilleurs résultats que le premier.







