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Les obligations des marchés émergents offrent aujourd’hui des rendements attractifs et des fondamentaux plus solides que par le passé. Dans un contexte où les finances publiques de plusieurs économies développées suscitent des inquiétudes, cette classe d’actifs mérite une place accrue dans les portefeuilles, estime Alexander Robey, gestionnaire de portefeuilles au sein de l’équipe Emerging Market Debt d’Allianz Global Investors. Les obligations en devises fortes constituent un point d’entrée intéressant, tandis que les émissions en monnaies locales offrent un potentiel supplémentaire, à condition de privilégier une gestion active.

Des rendements attractifs et des fondamentaux solides

Malgré une série de chocs inflationnistes ainsi que de vives tensions commerciales et géopolitiques, les pays émergents ont globalement fait preuve de discipline dans la gestion de leurs finances publiques. Les banques centrales ont notamment réagi rapidement à la poussée inflationniste de 2021-2022 et ont ensuite été très prudentes dans l’assouplissement de leur politique monétaire. Les taux réels restent ainsi relativement élevés dans de nombreux pays, leur laissant une marge de manœuvre pour absorber d’éventuels chocs extérieurs.

Pour Alexander Robey, ce contexte renforce l’attrait des obligations émergentes, dont les rendements dépassent sensiblement ceux des marchés développés. Les titres souverains en dollars de pays avec un rating de qualité investissement offrent actuellement des rendements de l’ordre de 6 à 7 %. Un niveau qui constitue une base de performance attractive, même si les taux de marché pourraient rester volatils dans l’environnement actuel. Les obligations de plus longue échéance sont les mieux placées pour en profiter.

Les obligations émergentes présentent également un intérêt en matière de diversification. L’univers d’investissement couvre quelque 80 pays aux profils économiques, politiques et financiers variés. Certains marchés émergents peuvent ainsi se montrer plus résilients que des économies développées confrontées à une dégradation de leurs finances publiques, à des besoins de financement croissants ou à des interrogations sur la crédibilité de leur politique économique.

Les monnaies locales offrent un potentiel supplémentaire

Si les obligations émergentes libellées en devises fortes, notamment en dollars, constituent une manière d’accéder à cette classe d’actifs sans supporter directement les risques de change, les titres en monnaies locales offrent un potentiel de performance supplémentaire.

Dans de nombreux pays émergents, le niveau élevé des taux réels offre une marge de manœuvre pour faire face à d’éventuels chocs. Alexander Robey anticipe par ailleurs un dollar stable ou en léger recul, ce qui pourrait soutenir les devises émergentes et accroître les rendements pour les investisseurs internationaux.

Le potentiel varie néanmoins fortement d’un pays à l’autre. L’Amérique latine se distingue par ses importantes ressources en matières premières, notamment en cuivre, en lithium et en pétrole. Cette richesse en matières premières renforce la résilience des économies de la région face aux tensions sur les marchés, notamment énergétiques, et contribue à contenir les pressions inflationnistes. En outre, les rendements nominaux restent particulièrement élevés, atteignant de 10 à 15 % au Mexique, en Colombie et au Brésil.

L’Asie présente un profil différent, avec une plus forte dépendance aux importations énergétiques et des rendements de départ parfois moins élevés. Une hausse supplémentaire des prix du pétrole ou des taux américains pourrait donc peser davantage sur certaines économies et leur monnaie.

La gestion active, essentielle pour maîtriser les risques

Cette diversité renforce l’importance d’une gestion active. Les risques politiques, les trajectoires budgétaires, la liquidité des marchés et l’exposition aux matières premières varient considérablement d’un pays à l’autre. Une allocation fondée uniquement sur la composition d’un indice ne permet pas nécessairement de tirer parti de ces écarts ni d’éviter les marchés les plus fragiles.

Les marchés frontières illustrent particulièrement cette nécessité : les opportunités peuvent y être importantes, mais la liquidité doit être évaluée avec soin, de même que les risques exogènes. La sélection des pays et le dimensionnement des investissements sont donc essentiels.

Une offre contenue, une demande soutenue

Au-delà des différences régionales, les obligations émergentes, qu’elles soient libellées en devises fortes ou en monnaies locales, bénéficient d’un environnement d’offre et de demande relativement favorable. Alors que les États et les grandes entreprises technologiques multiplient les émissions sur les marchés développés, les besoins de financement des émetteurs émergents restent globalement plus contenus. La demande des investisseurs a par ailleurs tendance à augmenter, offrant un appui supplémentaire à cette classe d’actifs.

Pour Alexander Robey, les obligations émergentes méritent dès lors d’être réévaluées dans les allocations obligataires. Elles ne constituent pas une alternative uniforme ni sans risque aux emprunts d’État des pays développés, mais elles peuvent apporter un supplément de rendement et de diversification, à condition de tenir compte des spécificités de chaque marché et de privilégier une approche active.

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