Skip to main content

Christopher Dembik, Senior Investment Strategy Adviser Pictet Asset Management

Dzień dobry* ! On pourra me reprocher d’être partial compte tenu de mes origines polonaises, et pourtant les chiffres appuient mon raisonnement. Plus rien n’arrête la Pologne. Son principal indice boursier, le WIG 20, cartonne : +28 % depuis le 1er janvier, +46 % sur un an et +210 % depuis son point bas d’octobre 2022**.

Comment l’expliquer ? Une valorisation attrayante. En 2022, l’indice se payait 7 fois ses bénéfices, 12 fois aujourd’hui, ce qui est un niveau assez standard pour le pays. La moyenne pour l’Europe se situe à 16 et c’est 23 pour le S&P 500. Mais vous le savez, la valorisation ne fait pas tout.

L’autre argument massue, c’est que c’est un indice avec peu de tech – tout le monde en a déjà massivement dans les portefeuilles. Il est surtout concentré sur l’industrie et le secteur financier (ce dernier représentant environ 40 % de la pondération).

Enfin, même si le contexte économique ne fait pas tout, c’est parfois un élément important à prendre en compte. La croissance est galopante, entre 3 % et 4 % par an ces dernières années, alors qu’en zone euro elle stagne autour de 1 % et qu’en France, c’est encore plus bas.

Vous allez me dire que c’est grâce aux fonds européens. Que nenni, les fonds européens n’expliquent qu’1/8e de la croissance polonaise depuis 2008. Ce n’est pas insignifiant, mais c’est loin d’être déterminant.

Une fiscalité attrayante, la capacité à innover et à bien investir, une politique budgétaire maîtrisée, une population très qualifiée, une géographie favorable, une banque centrale qui a réussi à contenir l’inflation et à avoir une monnaie très stable et surtout le choix clair et assumé par la droite et la gauche d’une politique pro-business sont certainement quelques-unes des recettes du miracle polonais. Résultat, le PIB par habitant polonais devrait, d’ici la fin de la décennie, être supérieur à celui de la France. Pour ainsi dire, c’est demain !

Quid des tensions avec la Russie ? Ça joue très peu sur l’indice. Et souvent plutôt positivement. En début d’année, lorsque le marché espérait un peu naïvement un accord entre la Russie et l’Ukraine, les actions de la construction à la Bourse de Varsovie avaient fortement augmenté.

Est-ce le moment d’entrer à l’achat ? Toujours compliqué à dire. Mais ce qui est certain, c’est que la Pologne est certainement un pays à ne pas négliger en termes d’investissement boursier et à garder dans les radars.

*Bonjour, en polonais.

**Performances en date du 29 septembre.

À surveiller

Les tensions sur le marché obligataire restent dans tous les esprits. Malheureusement, tous les facteurs – économie américaine solide, inflation persistante, explosion des investissements dans l’IA – poussent les taux à la hausse dans un contexte de faible appétit des investisseurs. Du côté des institutionnels, l’intérêt pour les maturités longues diminue. Résultat, la dernière adjudication du Trésor américain à cinq ans s’est faite à un niveau de taux inédit depuis 2022. Le mouvement est également perceptible chez les investisseurs particuliers. Depuis septembre 2024, ils ont massivement privilégié les maturités très courtes, avec environ 85 milliards de dollars investis dans des ETF de Treasuries à 0-3 mois, au détriment des fonds exposés aux obligations longues. À moins d’une accalmie rapide, mais peu probable, cela risque de ne pas changer de sitôt.

L’avez-vous lu ?

Bonne nouvelle pour 2027, les coûts du fret maritime devraient diminuer. Pourquoi ? Le retour progressif du trafic par le canal de Suez, l’accroissement de la flotte mondiale de porte-conteneurs et une demande un peu moins dynamique. Sur un trajet Shanghai–Rotterdam, le coût d’un conteneur de 40 pieds pourrait ainsi passer d’environ 3 000 € aujourd’hui à 1 700–2 150 € en 2027. Pas négligeable.

EFI

Author EFI

More posts by EFI

Leave a Reply