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Basée au Luxembourg, la société spécialisée dans la conception et la gestion des processus d’administration de fonds et en comptabilité a pris son indépendance en janvier 2025 et a reçu l’agrément de la CSSF fin 2025. Julien Brenier et Mathieu Potier, deux de ses trois co-fondateurs et Managing Partner, partagent leur vision du métier, ainsi que leurs objectifs de développement et de croissance pour 2026-2027.

Julien Brenier et Mathieu Potier, pourquoi avoir choisi de vous lancer en indépendant ?

Depuis 2010, nous travaillions pour un client privé. Ce qui nous a permis de développer un système sur mesure et adapté à ses besoins spécifiques.

Notre complémentarité et notre succès au service de ce client historique nous ont convaincu de l’opportunité de proposer ces services à d’autres.

Il était donc naturel pour nous de racheter le bureau luxembourgeois et de nous lancer en indépendant. Et partant de zéro, nous avons construit une infrastructure robuste, capable de gérer une large gamme d’actifs.

L’obtention de la supervision par la CSSF a marqué le début de notre stratégie de développement commercial. Cet agrément était un prérequis essentiel pour crédibiliser notre offre auprès de futurs partenaires.

Aujourd’hui, en tant qu’indépendants et régulés, nous pouvons élargir notre portefeuille clients. L’année 2026 est donc dédiée au marketing et à l’expansion de notre activité.

Qui sont vos clients ?

Ce sont des family offices, des sociétés de private equity et des AIFM. Nous ciblons les petites et moyennes structures d’investissement. Bien souvent en effet, les acteurs majeurs du marché luxembourgeois de l’administration des fonds excluent les actifs sous gestion inférieurs à 500 millions d’euros, les jugeant trop modestes. Cela crée une opportunité pour nous de servir ce segment négligé. Alors que les grandes sociétés disposent généralement de leurs propres analystes pour traiter les données et produire des tableaux de bord. Nous offrons ces services aux structures qui n’ont pas les ressources internes ou qui simplement ne souhaitent pas le faire.

Géographiquement parlant, nous ciblons les pays membres de l’OCDE. Nos clients peuvent être basés en Europe, aux États-Unis ou ailleurs, à condition qu’ils disposent d’un véhicule d’investissement domicilié au Luxembourg.

Quelle valeur ajoutée apportez-vous à ces clients ?

Tout d’abord, notre équipe est stable et travaille ensemble depuis plus de 15 ans. Nous collaborons également avec un expert IT externalisé, partenaire de confiance depuis 2010. Cette stabilité est un gage de qualité pour nos clients, notamment pour les family offices qui recherchent une relation de confiance et une compréhension approfondie de leurs besoins.

Notre valeur ajoutée réside également dans notre capacité à traiter les données comptables pour en extraire des informations exploitables par les gestionnaires de fonds. Nous ne nous contentons pas de produire des chiffres ; nous les restituons de manière à faciliter leur prise de décision. Notre rôle est de fournir des données fiables et exploitables.

Travailler pour un family office implique une relation directe avec les bénéficiaires finaux. Et contrairement à un fonds classique où les investisseurs sont souvent anonymes, nous devons répondre à une exigence accrue en matière de transparence, de réactivité et de reporting en temps réel.

Quels enseignements tirez-vous de ces années de collaboration avec un family office ?

Cette expérience a été déterminante. Nous maîtrisons l’ensemble des aspects techniques liés à un portefeuille diversifié. Sur le plan des soft skills, nous avons appris à considérer que chaque chiffre a un impact direct sur les familles que nous servons. Chaque donnée doit être exacte, explicable et justifiable. Cette chaîne de responsabilité nous impose donc une rigueur absolue.

Pourquoi avoir opté pour l’agrément CSSF plutôt qu’un simple cabinet d’expertise comptable ?

Sans cet agrément, nous aurions été limités aux entités non régulées, ce qui aurait pu restreindre notre crédibilité auprès de certains clients. Cette autorisation nous permet de travailler avec des entités régulées, ce qui élargit notre champ d’action. Elle renforce aussi notre légitimité et notre capacité à répondre aux exigences des clients régulés. Elle démontre enfin notre engagement envers des standards élevés en matière de conformité et de contrôle.

Quels est votre vision d’affaire ?

Nous souhaitons changer la perception de l’administration de fonds, souvent considérée comme un simple centre de coûts. Bien exécutée, avec des outils et des informations pertinents (notamment via des tableaux de bord), elle devient un levier stratégique pour les gestionnaires, en facilitant la prise de décision et la gestion des investissements.

Et notre objectif 2026-2027 est clair : trouver de nouveaux clients, saisir de nouvelles opportunités et nous imposer comme un partenaire de confiance, proposant une alternative aux grands acteurs du marché. Les systèmes et processus que nous avons développés peuvent être adaptés et proposés à une clientèle plus large, tout en maintenant nos standards de qualité.

Nous misons pour cela sur notre différenciation et notre approche pragmatique. Nous sommes une structure agile, réactive et capable d’offrir un service personnalisé. Et nous cherchons à répondre aux besoins spécifiques de clients.

Quels sont les défis pour attirer de nouveaux clients ?

Le principal défi réside dans la lenteur des processus de changement d’administrateur. Les AIFM disposent généralement d’un nombre limité de véhicules. Et il est rare qu’ils changent d’administrateurs en cours de cycle, sauf en cas de problèmes majeurs (erreurs de VNI, mauvaise qualité de service, etc.).

Quels sont les impacts des contextes géopolitiques, économiques, monétaires, etc. sur votre métier ?

En matière de finance pure, les comportements erratiques, les déclarations contradictoires, les conflits ou l’inflation se répercutent sur les produits financiers ; et par extension sur l’évolution des fonds.

En tant qu’administrateurs cependant, nous intervenons en aval de la chaîne. Et notre rôle consiste principalement à produire des données comptables et des rapports. Que les marchés soient volatils ou stables, le volume de transactions que nous traitons ne subit donc pas de variations majeures.

En période de volatilité, nous accordons cependant une importance accrue à la rigueur de nos contrôles. Nos clients et investisseurs exigent en effet des VNI reflétant fidèlement leurs investissements.

Marc Auxenfants

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